Canton de Fréjus

Fréjus

47 900 hab. (Fréjussiens) dont 1 700 à part, 10 227 ha dont 4 000 de bois, chef-lieu de canton du département du Var dans l'arrondissement de Draguignan, 29 km à l'ESE de celle-ci. La ville est sur le littoral au fond du golfe de Fréjus et au débouché de l'Argens et du Reyran, et jouxte Saint-Raphaël. Elle figure parmi les «villes et pays d'art et d'histoire», et reste marquée par son antiquité. De l'ancienne Forum Julii elle a reçu son nom (le marché de Jules, César évidemment) et de vastes arènes, un théâtre, la porte d'Orée (vestige des thermes), un aqueduc.

Fréjus a un vieux centre en amande très resserré à l'écart du rivage, avec une cathédrale au milieu d'un «groupe épiscopal» qui comprend l'ancien palais de l'évêque avec la mairie, un cloître et le musée archéologique; tout autour se dispersent le château Aurélien et le parc Aurélien, le jardin de la Villa Marie, le musée d'histoire locale, une pagode bouddhique, la chapelle Jean Cocteau. La ville a une plage, un vieux port et un port de plaisance de 700 places, un parc nautique Aquatica dans la plaine du Reyran.

Devant elle, à l'ouest, s'étend la large plaine alluviale formée par les alluvions des deux rivières, maintenant endiguées, et qui a été ravagée par l'inondation consécutive à la rupture du barrage de Malpasset en décembre 1959, qui fit plus de 400 victimes. Au-delà de la plaine, Saint-Aygulf est l'annexe balnéaire de Fréjus sur la retombée des Maures, et dispose d'un port de plaisance de 220 places.

Vers le nord et le nord-est, le territoire communal va fort loin puisqu'il atteint la limite de Mandelieu-la-Napoule à 17 km. Il englobe ainsi le lac de l'Avella, et le mont Vinaigrier (618 m), qui est le point culminant de l'Estérel et au sommet duquel a été installé un observatoire. Ce finage a pour épine dorsale la nationale 7, qui zigzague sur le relief et passe tout près du mont Vinaigre puis à l'auberge des Adrets. Plus à l'ouest, la commune est traversée par le Reyran, qui y entre par l'ancien barrage de Malpasset, à voûte mince, dont on voit encore les ruines. Sa vallée est en partie empruntée par l'autoroute A 8, qui y a un échangeur à 5 km au nord de la ville.

Au nord de la ville sont la chapelle Notre-Dame de Jérusalem dans le vallon de la Moure, l'urbanisation de la Tour-de-Mare et, témoins d'un ancien passé de ville de garnison pour camps de transition avec les colonies, le Camp de Caïs avec une mosquée soudanaise, le camp de la Lèque, un musée des troupes de marine, une nécropole militaire d'Indochine; parc animalier du Safari de l'Estérel; les anciennes mines de Boson sont plus au nord.

Fréjus dispose de trois collèges publics et deux lycées publics dont un professionnel, d'un centre hospitalier (320 lits médicaux, 520 en tout); clinique les Lauriers (55 sal., 56 lits), institut médico-éducatif. Les principales entreprises sont de commerce et de services urbains: boulangerie Aurelia (80 sal.), hypermarché Géant Casino (300 sal.) et magasins Intermarché (55 sal.), Casino (50 sal.), Castorama (100 sal.), Bricoman (60 sal.), Decathlon (60 sal.); négoces de matériel électronique Serca (140 sal.), de fruits et légumes Dorina (50 sal.); distribution d'eau de la Cmese (140 sal.), installations thermiques Proxitherm (100 sal.), maçonnerie Treve (80 sal.); travaux publics Eurovia (70 sal.), Colas (60 sal.) et STCM (55 sal.), espaces verts ISS (55 sal.); nettoyage urbain Sma (Pizzomo, 100 sal.); transports Millet (60 sal.).

L'emploi touristique est dominé par l'hôtel Mercure (100 sal.), le Relais de Saint-Aygulf (65 sal.), la thalassothérapie de Port Fréjus (PFI, 75 sal.), 22 terrains de camping (7 300 emplacements) et autant d'hôtels (860 chambres). La commune n'avait pas moins de 16 000 résidences secondaires en 1999 (19 600 résidences principales). Elle appartient au réseau des «villes et métiers d'art» en mettant en avant ses artisans et artistes. Fréjus a aussi 180 ha de vignes, une cave coopérative. Elle avait 3 000 hab. environ de 1836 à 1872, puis sa population s'est mise à croître lentement: 4 200 hab. en 1901, 9 700 en 1931, 24 000 en 1968. Sa population (sdc) est estimée à 48 800 hab. en 2005, soit environ 2 600 de plus qu'en 1999. Le maire de la ville est Élie Brun, UMP, avocat, également conseiller général. La communauté d'agglomération Fréjus-Saint-Raphaël, qui réunit les deux communes seulement (77 500 hab.), siège à Saint-Raphaël. Elle finance notamment la réalisation du nouveau théâtre en bord de mer à Fréjus, dessiné par Jean-Michel Wilmotte. L'unité urbaine de Fréjus serait de 83 800 hab., l'aire urbaine n'en ayant pas davantage (94e en France). Il existe une «petite région agricole» dite des Régions fruitières de Solliès-Pont et de Fréjus (10 communes du Var).

Le canton a 50 500 hab., 3 communes, 16 743 ha dont 7 979 de bois. Les Adrets-de-l'Estérel en occupent le nord-est. Bagnols-en-Forêt (1 700 Bagnolais, 4 290 ha dont 2 200 de bois) est à 20 km au nord de Fréjus, dans une grande clairière des reliefs calcaires des Plans de Provence. Elle offre un musée archéologique et du patrimoine et plusieurs maisons de vacances. La limite septentrionale et orientale de la commune s'appuie sur le cours du Reyran. Elle a une cave coopérative, mais ses viticulteurs ne déclarent que 19 ha de vignes. La commune se nommait Bagnols simplement jusqu'en 1929; elle a eu 1 000 hab. en 1866, 480 seulement en 1936, et sa population croît surtout depuis 1975. Bagnols avait 460 résidences secondaires en 1999 (720 résidences principales).


Adrets-de-l'Estérel (Les)

2 100 hab. (Adréchois), 2 226 ha dont 1 779 de bois, commune du département du Var dans le canton de Fréjus, 20 km au NNE du chef-lieu; église du 17e s., musée d'arts et traditions. Son territoire mord un peu au nord-ouest sur le lac de Saint-Cassien; l'autoroute A 8 passe à l'ouest et au nord de la commune, où elle emprunte le vallon de l'Argentière. La commune est ainsi sur la retombée septentrionale de l'Estérel, ou passait la voie Aurélienne dont il reste ici une borne miliaire.

Cette situation rend son nom assez paradoxal, dans la mesure où la commune est plutôt en ubac. Mais elle a été créée en 1867 à partir de Montauroux, sous le nom des Adrets-de-Montauroux, changé en 1891 pour celui des Adrets-de-Fréjus, et finalement de l'Estérel en 1962; l'auberge des Adrets fut jadis célèbre comme relais de poste, et le territoire fut longtemps un repaire de brigands de grand chemin. On a extrait du tungstène et exploité du liège dans la commune. Elle avait 350 hab. à ses débuts, et seulement 250 en 1954; sa croissance est forte depuis 1980 surtout, et elle a gagné 500 hab. de 1999 à 2005, soit un quart de mieux. Elle a 200 résidences secondaires.