Canton de Pertuis

Pertuis

18 100 hab. (Pertuisiens) dont 250 à part, 6 623 ha dont 2 246 de bois, chef-lieu de canton du Vaucluse dans l'arrondissement d'Apt, 36 km au sud-est d'Apt. La ville est à la limite nord de la plaine de la Durance, au confluent de l'Èze et du Cadenet. Elle a été le chef-lieu du pays d'Aigues et, seule dans le département, fait partie de la communauté d'agglomération du pays d'Aix-en-Provence: on s'y sent plus concerné par le sud que par le reste du Vaucluse. Le centre historique est enceint de boulevards et abonde en maisons anciennes, et conserve un donjon (tour de l'horloge) et la tour Saint-Jacques (13e s.) de l'ancienne enceinte, ainsi que d'anciens couvents et chapelles; elle propose un festival de la bande dessinée et du théâtre de rue.

Le finage s'étire le long de la Durance, qui le borde au sud. Les collines boisées du sommet de Malacoste (475 m), longées par la Durance, occupent la partie orientale de la commune et dominent la grosse bastide de la Loubière; le château de la Simorre est au sud-ouest; le château viticole du Val Joanis, à la tête d'un domaine de 400 ha dont la moitié en vignes, est réputé pour ses jardins en terrasses et ses vins et situé à l'emplacement d'une villa gallo-romaine. Le canal de Marseille part du pont de Pertuis. La commune cultive 892 ha de vignes et dispose d'une cave coopérative. Elle a eu 5 600 hab. autour de 1880, avant de décliner un peu (4 800 hab. en 1900); sa population a ensuite augmenté lentement jusqu'en 1960, puis plus vite, passant les 10 000 hab. en 1975. L'estimation pour 2005 est de 18 600 hab. (sdc).

La ville est dotée de deux collèges et un lycée publics, un centre hospitalier (80 lits médicaux, 160 en tout) et d'une antenne du centre hospitalier psychiatrique Montperrin d'Aix-en-Provence, d'un institut médico-éducatif, d'une maison de retraite, ainsi que d'un théâtre. Elle accueille une usine de machines agricoles Pellenc (250 sal.) et des ateliers de composants électroniques Pellenc (45 sal.), constructions métalliques Advantop (50 sal.), chaudronnerie nucléaire Socomelu (30 sal.), Les Éléments de béton (30 sal.), le matériel agricole Noble (25 sal.), ainsi que les Salaisons pertuisiennes (50 sal.), les pizzas et plats cuisinés Valais (30 sal.). Dans le secteur tertiaire se signalent les hypermarchés U (310 sal.) et Champion (140 sal.), Mr.Bricolage (30 sal.), le négoce de matériel agricole Pagès (45 sal.), l'édition de journaux Comareg (45 sal.).

Le canton a 30 400 hab., 14 communes, 35 507 ha dont 16 529 de bois; il occupe l'angle sud-est du département où il voisine avec les Bouches-du-Rhône et les Alpes de Haute-Provence, et touche au département du Var face à Vinon et au confluent de la Durance et du Verdon. La Tour-d'Aigues est au nord-est de Pertuis. La Bastidonne (690 Bastidonnais, 590 ha dont 217 de bois) est une toute petite commune coincée entre les larges finages de Pertuis et La Tour-d'Aigues, 6 km à l'est du chef-lieu; elle n'avait que 130 hab. en 1954; elle a gagné 60 hab. de 1999 à 2007. La commune compte 182 ha de vignes et a reçu la fabrique de pizzas Valais Sodespal (100 sal.); le village, issu d'une création de bastide du 13e s., dite de Savaric, a des restes de son château fort et d'un prieuré du Réal des 12e et 17e s., où fonctionne un centre d'aide par le travail.

Ansouis (1 100 Ansouisiens, 1 763 ha dont 345 de bois) est à 8 km au NO du chef-lieu et fait partie des «plus beaux villages de France»; il s'orne d'un grand château médiéval réaménagé au 17e s. avec jardins et terrasses, un musée «extraordinaire» de sculptures, vitraux et céramiques, un musée de la vigne et du vin au château Turcan; ses vignerons exploitent 652 ha de vignes et ont une cave coopérative. La commune a eu plus de 1 000 hab. dans la première moitié du 19e s., 460 hab. seulement en 1931; elle croît depuis, mais n'a gagné qu'une soixantaine d'habitants de 1999 à 2005.

Vers le Luberon se serrent quatre communes. Sannes (170 Sannois, 460 ha) est à 8 km au nord de Pertuis et cultive 217 ha de vignes; elle n'avait plus que 80 hab. en 1968, moitié moins qu'un siècle avant. Elle conserve des traces de l'ancien village du 11e s. et de son château fort, un château du 17e s. et des restes d'un ancien prieuré de bénédictins (12e et 18e s.). Les deux suivantes sont à environ 12 km au nord et NNE et leurs territoires s'étirent vers le nord, jusqu'à la crête du Luberon; elles partagent dans la plaine le grand étang de la Bonde (30 ha), relié à un réseau d'irrigation du 15e s., qui a reçu un centre de loisirs. Cabrières-d'Aigues (670 Cabriérains, 1 896 ha dont 875 de bois) est un ancien village vaudois dévasté et rasé en 1545. La commune n'avait que 300 hab. dans l'entre-deux-guerres et en a gagné 150 de 1999 à 2005; elle a une imprimerie du Réseau Fleuri (25 sal.), 392 ha de vignes et une cave coopérative; restes du château fort du 13e s.

La Motte-d'Aigues (1 000 Mottaiguois, 1 463 ha dont 677 de bois) s'est tenue à l'écart du Parc du Luberon, au sein duquel elle dessine une enclave; le village fut jadis réputé place vaudoise et, comme tel, détruit lui aussi en 1545. L'étang de la Bonde a été créé par la Société du Canal de Provence pour l'irrigation. La commune n'avait pas 300 hab. dans les années 1950 et a crû assez rapidement après 1975, gagnant encore 280 hab. de 1999 à 2007. Saint-Martin-de-la-Brasque (660 Saint-Martinasques, 564 ha), rétablie seulement au 16e s. comme petite fondation seigneuriale, se limite à un étroit finage de plaine; ruines castrales du Castelas, bastide dite Maison de Langesse. La commune a 256 ha de vignes et une cave coopérative. Sa population croît aussi (250 hab. en 1954).

Trois autres communes se partagent les pentes orientales de l'adret du Luberon, et leurs finages en atteignent la crête. Peypin-d'Aigues (480 Peypiniens, 1 736 ha dont 1 153 de bois) est à 16 km au NNE de Pertuis; elle cultive 148 ha de vignes; elle n'avait que 210 hab. autour de 1960 et en a gagné une centaine de 1999 à 2005; ruines castrales, ancien moulin à vent. Vitrolles-en-Lubéron (150 Vitrollains, 1 615 ha dont 1 223 de bois) à 18 km de Pertuis, n'a que 62 ha de vignes et conserve un château du 17e s., où fonctionna au 18e et au 19e s. une fabrique de purgatifs. Le village, après l'abandon de l'ancien site castral du Castelas, fut recréé en 1504; le nom de la commune fut Vitroles-d'Aigues, puis Vitroles jusqu'en 1996, avant d'opter pour un Luberon écrit à la parisienne, avec accent; elle n'avait que 50 hab. en 1968, contre 350 au début du 19e siècle.

La Bastide-des-Jourdans (1 100 Jordanois dont 90 à part, 2 774 ha dont 1 656 de bois), plus peuplée, fondée au 13e s. comme nouveau village fortifié, sert de village-centre à 18 km au nord-est de Pertuis. La commune conserve des restes de château fort et d'enceinte, un beffroi à horloge et d'anciennes chapelles; elle cultive 72 ha de vignes et accueille la société de gardiennage Securis (45 sal.), ainsi qu'un centre d'apprentissage agricole forestier. La Bastide n'avait que 450 hab. dans l'entre-deux-guerres (920 vers 1860) et a gagné 280 hab. de 1999 à 2007 (+29%).

Grambois (1 100 Gramboisiens, 3 120 ha dont 1 869 de bois) est un peu plus bas et plus proche de Pertuis (12 km au NE); c'est un «village de caractère du Vaucluse», tassé en rond, avec une église des 11e-13e s., des restes de remparts, un château des 16e et 18e s. La commune cultive 244 ha de vignes et a une cave coopérative, ainsi qu'une colonie de vacances; les châteaux Pradins et la Bauquière sont au nord et au nord-ouest, celui de Prévallon à l'est. Grambois avait 410 hab. en 1954 mais n'a que très peu gagné après 1999.

Beaumont-de-Pertuis (940 Beaumontais, 5 607 ha dont 3 274 de bois) est à 20 km à l'ENE de Pertuis; la commune atteint au sud-est la Durance et sa plaine où passent l'autoroute A 51, la N 96 et la voie ferrée; restes d'enceinte et portes, et de deux prieurés de bénédictins des 12e et 17e s.; grotte de Saint-Eucher avec chapelle et jardin. La centrale électrique de Beaumont est sur le canal de la Durance, à la limite de Corbières et de Vinon. La commune a un garage des autocars Rubans Bleus (25 sal.) et 271 ha de vignes. Elle se nommait simplement Beaumont jusqu'en 1953; elle avait à son minimum 490 hab. autour de 1960, contre plus de 1 100 un siècle avant, et a gagné 60 hab. de 1999 à 2004.

Mirabeau (920 Mirabelains, 3 166 ha dont 1 591 de bois) est à 14 km à l'est de Pertuis; elle n'avait que 260 hab. en 1954, contre plus de 700 un siècle avant. Le vieux village, orné d'un château fort, et qui fut érigé en 1685 en marquisat au profit d'Henri de Riquetti, grand-père du révolutionnaire, est à 2 km de la Durance, qui passe ici dans un défilé de Canteperdrix (ou clue de Mirabeau) où se faufile le faisceau de circulation; pont de Mirabeau (1935) remplaçant un pont suspendu de 1847, chapelle, château des 16e-18e s.; 186 ha de vignes. C'est là un lieu stratégique de l'aménagment de la Durance, proche de Cadarache et équipé de la centrale de Jouques et de la prise principale du canal de Provence, qui sont face à Mirabeau mais dans la commune bas-rhodanienne de Peyrolles-en-Provence.


Tour-d'Aigues (La)

4 000 hab. (Tourains), 4 130 ha dont 1 271 de bois, commune du Vaucluse dans le canton de Pertuis, 6 km au nord-est du chef-lieu, au bord de l'Èze. Ancien chef-lieu de la seigneurie d'Aigues, il en conserve un grand château renaissance, propriété du Département, en voie de restauration; restes de château fort et plusieurs bastides; musées de la faïence et du pays d'Aigues, festival de théâtre, musique et danse du Sud-Luberon. La ville a un collège public, un institut médico-éducatif, une maison familiale rurale et deux caves coopératives; ses viticulteurs déclarent 1 743 ha de vignes. La population communale était d'environ 2 400 hab. entre 1820 et 1875 puis a diminué jusqu'à 1 800 hab. en 1931; elle augmente depuis la guerre. La Tour-d'Aigues est le siège de la communauté de communes Luberon-Durance, qui rassemble 13 communes et 12 600 hab.