Canton d'Espelette

Espelette

2 000 hab. (Espelettards), 2 685 ha dont 780 de bois, chef-lieu de canton des Pyrénées-Atlantiques dans l'arrondissement de Bayonne, à 21 km SSE de la ville. Le nom viendrait du basque espil, bois, et aurait donc désigné un petit bois. Le territoire communal atteint la frontière espagnole à l'extrême pointe méridionale (8 km du bourg). La bourgade, «village de caractère», est soignée et pittoresque par ses maisons à colombages rouges; hôtel de ville dans un château du 17e s., église classée; foire de janvier aux pottoks, chevaux appréciés des centres équestres et qui vivent en quasi-liberté dans la montagne. La commune avait une tradition de travail du cuir, dont subsiste la tannerie Carriat (50 sal.), et maintient une spécialité de piments, protégée par une originale AOC. Sa population augmente depuis 1954, gagnant 90 hab. de 1999 à 2008.

Le canton d'Espelette, frontalier et qui comprend Cambo-les-Bains et Itxassou, a 115 200 hab. (12 500 en 1999), 7 communes, 18 050 ha dont 3 167 de bois; il s'articule sur les vallées des Nives mais inclut aussi la commune de Sare, qui en est séparée à l'ouest par l'extension méridionale du canton d'Ustaritz. À 6 km SO du chef-lieu, le pittoresque village frontalier d'Ainhoa (680 Ainhoars, 1 619 ha dont 500 de bois), apparu au 13e s. comme bastide à rue unique, est orné de maisons à colombages rouges et verts aux balcons fleuris; il est classé parmi les «plus beaux villages de France». Du fer y a été exploité du 15e au 17e s. et encore entre 1873 et 1884; il en reste des galeries de mine. Sa population avait diminué lentement jusqu'en 1990, mais a un peu repris ensuite et a même gagné 70 hab. entre 1999 et 2008. Une route va vers l'Espagne (Baztan) par Dancharia, poste frontalier le long de la Nivelle, laquelle borde au sud-ouest le territoire communal. Le relief s'élève vers l'est dans le haut bassin de la Nivelle, jusqu'au Gorospil.

Souraïde (1 200 hab., 1 686 ha) est un village sur les collines à 4 km à l'ouest d'Espelette; son finage est divisé en colline par les petits affluents de gauche de la Latsa; église en partie du 12e s., village de vacances, maison de retraite, terrain de golf de deux fois 9 trous au nord du village, carrière d'ophite au sud. La commune n'avait que 470 hab. en 1954 et sa population croît depuis (+120 hab. 1999-2008). Louhossoa (860 Luhusoars, 738 ha) est dans un petit bassin à 10 km ESE d'Espelette, communiquant avec la Nive par les gorges de la Mouline qu'emprunte la D 918, ex-N 618 de Saint-Jean-de-Luz à Saint-Jean-Pied-de-Port qui passe par Souraïde, Espelette et Cambo. L'étroit finage atteint au sud la Nive et culmine à 368 m au sud-est. La population s'est accrue de 280 hab. entre 1999 et 2008, soit de près de moitié.


Cambo-les-Bains

6 300 hab. (Camboars), 2 249 ha, commune des Pyrénées-Atlantiques dans le canton d'Espelette, 5 km au NE du chef-lieu. C'est une station thermale sur la rive gauche de la Nive, à 20 km SE de Bayonne, fréquentée dès le début du 18e s. Elle reçoit 9 000 curistes par an, au total 170 000 nuitées, et compte plus de 560 emplois de santé dans toute une série d'établissements diversifiés (rééducation, cliniques, soins de suite et repos, maladies respiratoires, santé mentale). «Station verte de vacances», elle sert de centre local par ses services et ses commerces, et elle a aussi d'intéressants atouts urbains: la villa Arnaga d'Edmond Rostand et ses superbes jardins, une belle place de l'Église, un grand fronton; collèges public et privé. Aux environs, plusieurs villages de style basque sont réputés: Espelette (5 km SO), Ainhoa (12 km SO), Itxassou (5 km S, aérodrome). Le nom de Cambo (Kanbo en basque) désigne aussi bien une courbe (de rivière) qu'une hauteur. La commune est le siège de la communauté de communes Errobi (11 communes, 25 700 hab.), dont le nom basque signifie «la Nive».

La population de la ville a atteint 2 000 hab. en 1896, 3 300 en 1931, 4 400 en 1954; elle a un peu fluctué depuis sans vraiment augmenter, mais la statistique officielle de 2011 lui attribue, pour 2008, 1 800 hab. de plus qu'en 1999. Le finage est traversé par la Nive, qui s'encaisse en défilé en longeant la grosse butte de la Montagne des Dames; celle-ci, au sud-est, domine la ville et particulièrement l'établissement thermal du bord de Nive. Le finage est beaucoup plus étendu à l'est de la Nive, dans les collines, qu'à l'ouest où est la ville. Un faubourg de rive droite s'est développé à Haurzain et Donapetiria, un autre au nord dans la plaine à Bas-Cambo. Sur la rive gauche, le lotissement d'Iguzkian prolonge la ville au nord sur la terrasse dominant la Nive. La promontoire au nord-ouest porte la maison d'Edmond Rostand, la Villa d'Arnaga et le village de vacances du Hameau d'Arnaga. La colline du Belvédère sert d'espace vert au sud-ouest. La route principale (D 932) contourne la ville par l'ouest en suivant à peu près la limite communale; elle a un échangeur au centre, deux autres accès hors de la commune mais proches.


Itxassou

2 100 Itsasutars, 3 937 ha dont 445 de bois, Itsasu en basque, commune des Pyrénées-Atlantiques dans le canton d'Espelette, 5 km à l'est du chef-lieu. Le village fut un petit port sur la Nive en amont de Cambo; il a une église à tribunes du 17e s., une usine de médicaments (Laboratoire Renaudin, 200 sal.), une fabrique coopérative de sièges (Alki, 40 sal.), une petite centrale hydroélectrique, une maison de convalescence; on y fête la cerise locale (xapata) en juin. Un aérodrome (piste gazonnée de 600 m, vol à voile) sur un petit plateau au nord-ouest du village porte le nom de Diribarne, un ancien pelotari devenu membre de l’escadrille Normandie-Niémen. Le finage, où l'habitat se disperse, s'étend vers le sud dans le grand vallon du Laxia, à l'est de part et d'autre de la Nive. Il atteint la frontière du col de Gorospil au col de Ménatché et culmine au pic Artzamendi (926 m). La Nive s’encaisse juste en amont du village, au confluent du Laxia, franchissant une barre de quartzites de l'ordovicien au défilé du Pas de Roland. La population d’Itxassou a repris depuis 1962 (1 130 hab.), et gagné 290 hab. de 1999 à 2008; mais elle dépassait 1 500 hab. au 19e siècle.


Sare

2 300 hab. (Saratars), 5 134 ha dont 1 065 de bois, commune frontalière des Pyrénées-Atlantiques dans le canton d’Espelette, à 14 km OSO du chef-lieu (31 km SO de Bayonne), dont elle est physiquement séparée par le finage de Saint-Pée-sur-Nivelle; Sara en basque, qui signifie petit bois. Son territoire est enveloppé à plus de moitié par la frontière d’Espagne, dans un bassin affluent de la Nivelle, drainé vers le NE par le Lizuniako; plusieurs anciennes redoutes militaires l’entourent. La commune forma une petite «république de Sare» jusqu’à la Révolution, avec des privilèges pastoraux et une solide tradition de contrebande, fonctionnant comme un sas entre France et Espagne. Les palombières abondent sous les cols et les pottoks errent librement. Sare figure parmi les «plus beaux villages de France», les «villages de caractère» et les «stations vertes de vacances». Sa population augmente lentement; elle était restée imperturbablement vers 1 900 hab. du début du 19e siècle à 1954; elle s'est accrue de 130 hab. entre 1999 et 2007.

À l'ouest, le finage atteint le sommet de la Rhune (Larruna, 905 m). Du col de Saint-Ignace (169 m) au nord-ouest du village sur la D 4, monte vers le sommet un funiculaire très fréquenté, dont le tracé est entièrement dans la commune. Deux passages routiers transfrontaliers empruntent les cols de Lizuniaga (vers 200 m) à l’ouest, de Lizarrieta (441 m) au SSO; d’autres passages plus discrets existent à l’est; une voie romaine a laissé des traces à la Galzada, dont le nom («chaussée») est significatif. Au sud-est une petite route donne accès les grottes préhistoriques classées de Lezeak (ou grottes de Sare) sous le pic d’Atxuria (759 m). La commune propose un parc animalier, une Maison basque et un musée du Gâteau basque, et organise un salon des écrivains basques en avril, un cross des contrebandiers en août; maisons anciennes et place à fronton, maison de retraite.