Communauté urbaine de Dunkerque

Dunkerque (CU de)

communauté urbaine du Nord, associant 17 communes et 195 900 hab. sur 29 990 ha. Dunkerque (siège), Armbouts-Cappel, Bourbourg, Bray-Dunes, Cappelle-la-Grande, Coudekerque-Branche, Ghyvelde, Grande-Synthe, Grand-Fort-Philippe, Gravelines, Leffrinckoucke, Loon-Plage, Téteghem-Coudekerque-Village ont plus de 2 000 hab.

Craywick (670 Craywickois, 773 ha), au sud de Loon-Plage à 10 km ESE de Gravelines, a un finage qui s’étire d’ouest en est au sud de Loos, entre les canaux Schelf Vliet et Wissel Gracht; institut médico-éducatif (80 places). Un échangeur de l’A16 avec la N316, longé par la voie ferrée, a attiré à l’ouest un centre Eurofret; transports et entrepôts Solotra (130 sal.) et DHL (75 sal.), mécanique SGM (45 sal.), métalleries Steel+ (40 sal.) et BSL Steel (40 sal.), gardiennages Eamus Cork (55 sal.) et ECS (40 sal.). Au sud-est au bord du canal de Bourbourg, le hameau de Coppenaxfort est né au 17e s. à l’emplacement d’une ancienne redoute et fut un lieu d’industrie sur le canal. La population de Craywick a connu un maximum en 1881-1891 avec 520 hab.; elle est descendue à 340 hab. en 1968 et a un peu repris récemment, gagnant 190 hab. depuis 1999 (+40%).

Saint-Georges-sur-l’Aa (320 Saint-Georgeois, 813 ha) est à 3 km au sud-est de Gravelines et a une église du 13e s. à grosse tour carrée; son finage est écorné au sud-ouest par l’A16 (aire de repos). La mention «sur-l’Aa» a été ajoutée en 1933; la commune a eu 400 hab. en 1868, 210 au minimum de 1982, et reprend quelques habitants depuis (+50 hab. après 1999).

Spycker (1 830 Spyckerois, 919 ha) est à 10 km au sud de Dunkerque et touche à Grande-Synthe. Son finage est borné par le canal de Bourbourg au nord, celui de Haute-Colme au sud. Le nom du village dérive de spicarium, grenier à blé. Le château de l’Afgand, au sud, du 19e s., est réputé pour son parc et ses jardins; métallerie Ster (35 sal.), manutention portuaire Sama (30 sal.), peinture et vitrerie (Les Peintures modernes, 25 sal.). La population de Spycker a fait un saut de 1968 (680 hab.) à 1974 (1 650 hab.) puis a diminué lentement, mais vient de regagner 490 hab. depuis 1999 (+37%).

Les Moëres (990 Morins, 1 946 ha est une commune frontalière au sud de Ghyvelde, 5 km au NNO d’Hondschoote. Le village (De Moeren en flamand) est situé au-dessous du niveau de la mer (- 2 m) au milieu du polder des Moëres, dont le nom vient du flamand moeren désignant des marais, les Romains ayant désigné leurs habitants comme Morins et la contrée comme Flandre Morine. L’aérodrome dit de Dunkerque-Ghyvelde et finalement Dunkerque-Les Moëres (code LFAK), est au nord de la commune; il a une piste gazonnée de 800 m et un aéroclub avec une annexe pour ULM. La population communale a dépassé 1 000 hab. au début du 20e s. puis a décliné jusque vers 1970 avant de se stabiliser; elle a gagné 310 hab. après 1999 (+46%). Les marais, qui occupaient 2 000 ha en France, ont été drainés et asséchés en 1620 sous l’autorité de Wenceslas Cobergher, à l’aide de 23 moulins à vent, par un réseau de canaux et watergangs bordés de fermes à cour ouverte; 4 inondations y ont été déplorées depuis, celle de 1770 n’ayant pu être résorbée qu’au 19e s., alors que l’inondation de la dernière guerre a pu être effacée dès 1947. Le village des Moëres propose un musée du polder et des stations de pompage (le Pô), et des restes d’un moulin du 18e s. dit moulin du Rhin. La frontière partage en deux le polder des Moëres (le nom se prononce moures, ou localement moires).

Zuydcoote (1 680 Zuydcootois, 260 ha) est une commune du département du Nord dans la CU de Dunkerque-Est, 10 km ENE de Dunkerque. Le nom évoque une cabane à sel, du flamand zout, et le village, paroisse dès le 7e siècle, eut jadis un petit port de pêche, depuis longtemps ensablé. Le village est à l’abri des dunes, sur la route de sa voisine Bray-Dunes. La limite sud de cette petite commune suit le canal de Furnes. Vers l’ouest, Zuydcoote est séparée de Dunkerque par une queue de la commune de Ghyvelde et par la partie dunaire et maritime de Leffrinckhoucke. La commune a été victime des événements de 1940, qui virent le rembarquement des troupes britanniques, et sur lesquels s’appuie le célèbre roman de Robert Merle, Week-end à Zuydcoote.

Dans les dunes qui bordent la mer du Nord sont une petite station touristique et un hôpital maritime départemental de 220 lits, héritier d’un sanatorium de 1 400 places créé en 1910, détruit lors de la dernière guerre et aussitôt reconstruit. Il est accompagné d’un institut d’éducation motrice (150 places) avec maison d’accueil spécialisée. Une gare est sur la voie ferrée Dunkerque-Furnes; la commune a un cimetière militaire et offre 450 places de camping (deux terrains), mais n’a que très peu de résidences secondaires. La réserve naturelle nationale de la Dune Marchand (83 ha) s’étend sur Bray-Dunes et Zuydcoote. Zuydcoote n’avait encore que 360 hab. en 1891 puis sa population a augmenté jusqu’à 1 800 hab. en 1936; après la guerre, elle est longtemps restée à 1 000 hab., puis a regagné des habitants à partir de 1975, mais n’a augmenté que de 40 hab. depuis 1999.


Armbouts-Cappel

(2 250 Armbouts-Cappellois, 1 015 ha) est une commune du département du Nord dans la communauté urbaine de Dunkerque, en banlieue sud de Dunkerque; lac et jardin nautique. Les principaux employeurs sont une fabrique de verre plat France-Verre (25 sal.), les transports Delcroix (25 sal.), le nettoyage SNEM (40 sal.); hôtel du Lac (25 sal.). La commune, qui touche au nord à celles de Dunkerque et Cappelle-la-Grande, est bordée au sud par le canal de la Haute-Colme et traversée par le Gracht Watergang. Elle avait moins de 500 hab. au début du 19e s., 1 200 à la fin; après une légère érosion due aux guerres, sa population a augmenté jusqu’en 1999, mais a perdu 180 hab. depuis.


Bourbourg

(7 200 Bourbourgeois ou Bourbouriens, 3 849 ha) est un ancien chef-lieu de canton du département du Nord dans l’arrondissement et la communauté urbaine de Dunkerque, 18 km au SO de celle-ci; le nom évoque une «cité des marais» (Broekbork). La commune est bordée à l’ouest par l’Aa, et traversée par le canal de Bourbourg qui relie Dunkerque au fleuve. La vieille ville fut une place forte et reste tassée dans sa forme circulaire ancienne mais a perdu ses remparts. Ce Bourbourg-Ville a absorbé en 1945 sa voisine Bourbourg-Campagne au sud, alors plus peuplée qu’elle, et a ainsi repris son nom ancien; mais la ville reste de forme ramassée. Elle a une halte fluviale avec nautisme, une église et des bâtiments classés des 18e et 19e s., dont d’anciennes brasseries. L’habitat a passé le canal vers le nord en direction de la gare et de l’échangeur de l’A16, lequel n’a pas attiré d’activités; grand centre d’interconnexion électrique au NO.

La ville est dotée d’un collège public et un collège privé, d’un lycée agricole privé, d’une maison de retraite et offre un musée des arts et traditions. Les principaux établissements sont une chaudronnerie industrielle du groupe Ponticelli (220 sal.), une fabrique de chocolats et pâtes de fruits Cémoi (210 sal.); magasins Intermarché (85 sal.) et Carrefour (25 sal.), nettoyage EDP (115 sal.). Le finage est borné à l’est par le vieux canal du Vliet, traversé par la D300 et atteint à l’ouest le cours de l’Aa, rejoint par le canal de Bourbourg au hameau du Guindal (camping). Tout au SO sur l’Aa, hameau de Saint-Nicolas. La population a augmenté jusqu’en 1982; elle a diminué depuis mais a regagné 220 hab. après 1999.


Bray-Dunes

(4 540 Bray-Dunois, 857 ha) est une commune du département du Nord dans la communauté urbaine de Dunkerque, 13 km ENE de Dunkerque. C’est la plus septentrionale des communes françaises, à la frontière belge et sur le littoral de la mer du Nord. Son territoire est limité au sud par le canal de Dunkerque, et s’étend sur 4 km le long de la mer du Nord. Le bourg s’étire à l’abri des dunes, sur lesquelles s’est établie la station de Bray-Dunes-Plage. La réserve naturelle de la dune Marchand s’étend sur 83 ha dans un massif préservé de 108 ha (avec Zuydcoote) et la commune a aussi l’espace protégé des dunes du Perroquet sur 173 ha (Conservatoire du Littoral); le site archéologique de la Maison de la Dune (âge du fer) est à la frontière. La voie ferrée de Dunkerque à la Belgique traverse le finage en arrière des dunes. La limite sud de la commune suit l’axe de la N1 et du canal de Furnes, qui fut achevé en 1638 pour l’évacuation des watergangs des Moëres.

La ville porte le nom d’un armateur dunkerquois, Alphonse Bray (1804-1887), qui réussit à créer au cours des années 1870 une «maison hospitalière» pour vieillards et enfants dans le massif de dunes jusqu’alors rattaché à la commune de Ghyvelde, et à obtenir la création d’une commune en 1883; elle avait 1 200 hab. en 1886. Puis des groupes de propriétaires et la ville d’Hondschoote y ont aménagé une station balnéaire, qui fut même reliée à Hondschoote par voie ferrée de 1903 à 1933.

La station balnéaire enregistre 2 80 résidences secondaires (55% des logements), et offre 1 500 places de camping dans 4 terrains, dont un de luxe (590 places). Bray-Dunes a été très affectée par les deux guerres du 20e siècle et les dunes ont subi un grave raz-de-marée en janvier 1953. La commune a un collège public et un supermarché Carrefour (55 sal.); un festival des folklores y est organisé. La population est passée à 2 800 hab. en 1954, et a culminé à 4 800 en 1982. Elle a 90 hab. de moins qu’en 1999.


Cappelle-la-Grande

(7 990 Cappellois ou Grand-Cappellois, 546 ha) est une commune du département du Nord dans la communauté urbaine de Dunkerque, 3 km au sud de Dunkerque de l’autre côté du canal de Bergues, et au sud du canal de Bourbourg. Elle a été formée à partir d’Armbouts-Cappel au 16e s., s’est nommée Cappelle, et a complété son nom en 1921. Elle n’avait encore que 300 hab. vers 1850, 680 en 1900, et a crû sensiblement durant presque tout le 20e siècle, culminant à 9 200 hab. en 1982 avant de commencer à se dépeupler (-720 hab. après 1999).

Son territoire est traversé par le Gracht Watergang et bordé à l’est par la voie ferrée vers Lille; un échangeur de l’A1 est à l’angle nord-est. La ville s’est dotée d’un nouveau centre dans les années 1980, avec un haut beffroi moderne à carillon et observatoire astronomique, un Palais des Arts et des loisirs, un Palais de l’Univers avec planétarium, un centre de loisirs. Elle a un collège public, et quelques entreprises dont une fabrique de matériel de travaux publics Hydromaintenance (EDHD, 70 sal.); installations thermiques Engie (40 sal.), supermarché Carrefour (30 sal.), magasin Bricoman (45 sal.), négoce de pharmacie Securimed (45 sal.). La commune a aussi une station de pompage des Wateringues.


Coudekerque-Branche

(21 140 Coudekerquois, 914 ha) est un ancien chef-lieu de canton du département du Nord dans la communauté urbaine de Dunkerque, en banlieue SE de Dunkerque. Elle bénéficie des voies ferrées de Dunkerque à Lille et à la Belgique, de l’autoroute A16 et de la N1 vers la Belgique, avec des échangeurs. Le fort Castelnau (17e et 18e s.) est au bord du canal de Bergues. La commune est limitée au nord par le canal de Furnes. Son nom rappelle qu’elle fut détachée de Coudekerque après la bataille des Dunes (1658), le reste de la commune demeurant alors espagnol. Équipée par la suite de canaux et d’écluses, elle a reçu des industries, surtout au 19e s. (filature, sucrerie, huilerie, raffinerie de pétrole, etc.), et elle conserve un patrimoine industriel étoffé. La ville est dotée de quatre collèges publics et un privé, d’un institut médico-éducatif (45 places), d’une école municipale des beaux-arts et d’une académie de musique ainsi que de l’ensemble culturel de l’Espace du Maître de Poste; clinique de Flandre (160 sal., 80 lits).

Son principal établissement de production est une usine des huiles végétales Lesieur du groupe Saipol (220 sal.). La ville accueille aussi le conseil de gestion Capdune (440 sal.); installations électriques Clemessy (95 sal.); un hypermarché Cora (330 sal.) et deux Intermarché (60 sal. chacun); travail temporaire Pro Impec (100 sal.), gardiennages Mains Sécurité (260 sal.) et Event Sécurity (60 sal.), La Poste (150 sal.).

La commune avait 1 600 hab. en 1856 juste avant la création de Rosendaël, qui l’a fait chuter à 980 hab. en 1861; mais elle a poursuivi sa croissance et très vite atteint 2 000 hab. (1877) puis 5 000 (1898), 10 000 en 1926, 20 000 en 1960. Elle a culminé à 24 900 hab. en 1975 et a perdu 3 350 hab. depuis 1999.

Le nouveau canton de Coudekerque-Branche a 9 communes, 48 300 hab.


Dunkerque

(87 550 Dunkerquois, 3 734 ha) est une sous-préfecture du département du Nord, à 85 km de Lille. La ville, dont le nom évoque une «église des dunes», semble avoir commencé au 7e s. comme port de pêche. L’activité s’est orientée à partir du 14e s. vers la course, une forme alors fréquente de la piraterie maritime, qui appelle en contrepartie de solides défenses contre les attaques en représailles. Ballottée entre plusieurs royaumes, Dunkerque fut définitivement française en 1662 et ses corsaires opérèrent à l’occasion pour le roi de France. Le plus célèbre fut Jean Bart (1650-1702), toujours honoré. Puis Dunkerque devint un port de pêche à la morue des mers d’Islande, avant de s’engager à partir de 1874 dans une profonde transformation vers le commerce et l’industrie, en raison du développement de son arrière-pays lillois et charbonnier.

L’histoire compliquée des paroisses et communes des environs a donné au territoire de la commune de Dunkerque un étrange dessin. Il entoure les communes de Saint-Pol-sur-Mer et Fort-Mardyck, et possède une enclave à l’ouest de Grande-Synthe, avec l’étroite bande du territoire de Mardyck, commune fusionnée en 1979 en dépit de l’interposition de Grande-Synthe. Saint-Pol et Fort-Mardyck, à l’est de Grande-Synthe, ont fini par être réunies à leur tour à Dunkerque en 2010. Les anciennes communes de Petite-Synthe et Rosendaël, au sud-ouest et au sud-est, avaient été intégrées en 1971. Ce territoire, discontinu, s’étire ainsi d’ouest en est, sur une douzaine de kilomètres du littoral de la mer du Nord, qui fait face au nord. Il englobe à l’est la station balnéaire de Malo-les-Bains, une autre ancienne commune, intégrée en 1969.

Le centre-ville se tient un peu à l’écart du littoral, entre les bassins du Port Est, où aboutit le canal de Bourbourg, et le chenal d’écoulement des wateringues, qui prolonge le canal de Bergues et d’où part vers l’est le canal de Furnes. Autour de la place Jean-Bart, il contient l’hôtel de ville de 1901, doté d’un beffroi de 75 m, le vieux beffroi des 13e et 15e s. (53 m) avec un carillon de 48 cloches, l’église Saint-Éloi (16e et 18e-19e s.) et le musée des Beaux-Arts. À la limite nord du centre, le Leughenaer est le plus ancien monument dunkerquois, vieille tour de la muraille du 14e s. dont le nom signifie «tour du menteur». Plus au nord au bord du chenal, dans le grand jardin Jean Harp, a été construit le musée d’art contemporain; un musée portuaire a été aménagé dans l’ancien entrepôt des tabacs.

Malo-les-Bains abrite près de la plage le casino et le palais des Congrès, vers l’intérieur un musée-aquarium et une Maison de l’écologie urbaine et de l’environnement, et tout à l’est les espaces de loisirs des Dunes de Flandres, dont les dunes elles-mêmes sont protégées par des réserves naturelles. À l’ouest du centre-ville sont la gare, le siège de la Communauté urbaine et un complexe de cinémas, le bassin de la Marine et le bassin du Commerce en partie ouverts à la plaisance, puis en aval le port du Grand Large. Sur l’étroit terre-plein qui longe ses bassins à l’ouest, ont pris place des établissements universitaires, le musée portuaire, la Poste, la Chambre de commerce et le Port autonome, puis le phare de 1843, qui monte à 63 m et a une portée de 48 km. Vers l’ouest se succèdent les six darses parallèles du Port Est, plus des formes de radoub et des docks flottants; deux grandes écluses séparent ces installations de l’avant-port, ouvert sur la mer. Au-delà, le bassin Maritime s’étire sur 6 km le long de l’aciérie, jusqu’au bassin de Mardyck et au canal des Dunes qui mène au port Ouest et à Gravelines.

Le port de Dunkerque est le troisième de France, avec un trafic annuel de l’ordre de 50 Mt, et le premier pour les minerais et charbons (plus de 20 Mt), ainsi que pour les fruits en conteneurs. Ses darses ont été construites entre 1874 et 1916; l’usine sidérurgique des Dunes (actuelle Ascométal) est apparue en 1913, mais à Leffrinckouke; le port en restait encore à sa partie orientale, près de la ville. Après les événements dramatiques de la seconde guerre mondiale, le port a dû être reconstruit entre 1945 et 1952. La raffinerie de pétrole BP s’est installée en 1958, assez près des darses, la sidérurgie Sollac l’année suivante un peu plus à l’ouest en bordure du nouveau bassin Maritime, réalisé de 1958 à 1962. Suivirent la mise en service de la darse 6 (700 m de long) après la destruction de la base sous-marine allemande (1964) et, autour de 1970, la mise en service du canal à grand gabarit Dunkerque-Escaut à partir du bassin de Mardyck, ainsi que de la grande écluse pour les navires de 125 000 t (365 m sur 50, 13,5 m de mouillage à l’origine), puis en 1973 de la raffinerie de pétrole Total; enfin, vers 1975, du port Ouest à 15 km du centre-ville.

Le port Ouest, ouvert mais accessible en tout temps, est dans la commune de Loon-Plage. Il est composé d’un avant-port protégé par une longue digue, et du grand bassin de l’Atlantique perpendiculaire à la côte et qui pourrait encore s’étendre vers le sud, accepte des navires de 350 000 t (20,5 m de tirant d’eau) et possède un terminal à conteneurs de 600 m de long. Il sert surtout aux relations rapides, roulage (ro-ro) et conteneurs. Il est relié au bassin Maritime par le canal des Dunes. Le contact se fait par le port Mardyck, également terminus du canal Dunkerque-Escaut porté à grand gabarit et qui, avec ses terre-pleins, forme le port Centre, bordé par la raffinerie Total (9,7 Mt/an), le crackage Polimeri (1,7 Mt/an) et, vers l’est, la grande aciérie Arcelor-Mittal ex-Sollac. Le port Est, à flot et donc à écluse, admet des navires de 130 000 t (14,2 m de tirant d’eau) par l’écluse Charles-de-Gaulle, et utilise aussi l’écluse Watier qui admet des navires de 45 000 t (280 m sur 40 m, tirant d’eau de 11 m), presque achevée en 1940 et refaite en 1947. Ses darses servent à des marchandises de diverses sortes et à la réparation navale; il dessert aussi l’usine d’huiles et bitumes de la SRD (ancienne raffinerie BP).

Le trafic, de 8 Mt en 1960, est passé à 45 Mt en 2000, 57 en 2007, 53 Mt en 2019. Il se divise en trois grandes catégories. Les vracs liquides (9 Mt) sont en hausse grâce aux gaz (6 Mt), qui bénéficient d’un nouveau terminal méthanier; les produits pétrolier (3 Mt) sont en baisse. Les vracs solides (23 Mt) sont surtout les minerais (13 Mt) et charbons (5,3 Mt) à l’entrée, les céréales (1 à 2 Mt) à la sortie; dans les autres vracs solides figurent notamment les sables et graviers, l’alumine et les scories, pour environ 500 000 t chaque. Les «divers» (20 Mt, dont 15 Mt au trafic Transmanche), qui concernent surtout le port Ouest à Loon-Plage, additionnent les conteneurs (450 000 evp, en progrès sensible), rouliers, frigorifiques, etc. Le port fluvial a un trafic de 1,8 Mt/an.

Au port Ouest, 10 liaisons quotidiennes de traversiers entre Dunkerque et Douvres sont assurées par Norfolkline en 120 minutes avec trois navires. La compagnie est une filiale du groupe danois DPDS qui l’a rachetée en 2010 à un autre danois AP Moller Maersk et transporte sur cette liaison 2,3 millions de personnes, 583 000 véhicules de fret et 579 000 véhicules de tourisme; 730 000 véhicules en 2019. Au total, le port reçoit 7 000 escales par an. Il occupe 7 000 ha, dont 3 000 sont encore disponibles, notamment à Loon-Plage où EdF a établi un port méthanier en 2017. L’autorité du Port Autonome, en place depuis 1966, emploie 500 personnes; mais le nombre total d’emplois de la zone industrialo-portuaire est estimé à 20 000. Les principales entreprises liées au port sont les services portuaires Boluda (espagnol, acquéreur des remorqueurs Abeilles en 2009), la Compagnie générale de Manutention (45 sal.), Lamanage de Dunkerque (45 sal.), manutention portuaire Barra (40 sal.), la réparation navale Arno (180 sal.) et divers transporteurs.

Dunkerque n’est pas qu’un port, mais une ville à part entière. Elle a désormais une activité universitaire, et elle est même le siège de l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO), qui a 10 000 étudiants et 500 salariés. Elle y assure des enseignements de licences de sciences économiques et sociales, de lettres, langues et géographie, plus une part des licences de sciences partagées avec Calais; des licences professionnelles de production industrielle et d’industries chimiques et pharmaceutiques, d’intervention sociale, de logistique, de flux internationaux et de marketing; mastères d’analyse chimique et contrôle industriel, d’affaires internationales et ingénierie économique, d’espaces littoraux, et mastères de langues et lettres avec Boulogne; DUT de génie thermique, commercialisation, deust de logistique et des nouveaux métiers de la cité, Institut supérieur de commerce international, Maison de la recherche en sciences humaines.

Dunkerque a six collèges publics et deux privés, cinq lycées publics dont trois professionnels, cinq lycées privés dont trois professionnels. La ville accueille aussi le lycée agricole public de Rosendaël avec des formations d’adultes et d’apprentis. Le Cefral au nord du centre-ville est un centre de formation d’apprentis des métiers de l’hôtellerie. La ville est dotée d’un centre hospitalier (540 lits médicaux, 860 en tout) et d’une maternité (50 places), de la clinique Villette (130 sal., 120 lits), de trois instituts médico-éducatifs (260 places en tout) et plusieurs maisons de retraite dont la Pergola (120 places).

Dunkerque est également pourvue d’un tribunal de grande instance et d’une maison d’arrêt de 95 places. Elle dispose d’une scène de théâtre nationale (le Bateau-Feu). Enfin, elle a sa part de la fonction balnéaire grâce à Malo-les-Bains à l’est; la ville enregistre 400 places de camping et 370 chambres dans onze hôtels, et dispose d’un casino du groupe Tranchant (100 sal.), de complexes de cinéma AMC (40 sal.) et Ocine (30 sal.). Elle a aussi les problèmes d’une ville industrielle. Le quartier Sud de Dunkerque, autour des arrivées du canal de Bourbourg et du canal de Bergues, avec les ensembles de la Basse Ville, de l’Île Jeanty, plus le Jeu de Mail, le Banc Vert et le Carré de la Vieille, forment une «zone urbaine sensible» et «zone de rénovation urbaine» de 113 ha et 9 700 hab. Dans la commune sont aussi les stations de pompage des Wateringues Tixier (24 m3/s) et des Quatre-Écluses (10,5 m3/s).

La plus grande usine de l’agglomération reste l’aciérie d’Arcelor Mittal, mais elle est dans la commune de Grande-Synthe. À Dunkerque même, la principale usine est celle des médicaments AstraZeneca (420 sal.), établie dans la zone industrielle de Petite-Synthe au sud-ouest de la ville, près de l’A18 et de l’A26. Elle est assortie d’un gros laboratoire de recherche-développement en biotechnologies Minakem (230 sal., groupe français Minafin).

L’autre volet est celui des hydrocarbures, qui comprenait le crackage Polimeri (340 sal., 1,7 Mt/an) près du port Mardyck, les raffineries de pétrole Total (Raffinerie des Flandres, 360 sal., 7,7 Mt/an) assortie de l’ingénierie Total (120 sal.), et SRD (290 sal., Société de raffinage de Dunkerque, ex-BP, 1,4 Mt/an); orientée vers les lubrifiants, passée à Colas en 2010 et fermée en 2017, l’installation n’est plus qu’un simple dépôt pétrolier Total (120 sal.) issu de la Raffinerie des Flandres, assorti d’une ingénierie Total (95 sal.). La centrale électrique DK6 de GdF-Suez, thermique à cycle combiné, proche du port dans la zone industrielle de Dunkerque, ouverte en 1962, a été arrêtée en 2013. Elle avait une puissance de près de 800 MW; elle était alimentée par des gaz de l’usine Arcelor-Mittal et à partir du terminal gazier de Gravelines.

Dunkerque accueille les entreprises de produits chimiques Versalis (380 sal.), de mécanique et maintenance Endel (350 sal.), ADF Tarlin (95 sal.), Ponticelli (50 sal.); la réparation navale Damen (125 sal.), les métalleries Boccard (170 sal.) et Foure Lagadec (65 sal.), les chaudronneries Herindel (85 sal.) et Entrepose (70 sal.), la fumisterie Glieser (110 sal.), la fabrique de gaz industriel Gaz Opale (60 sal.), les plastiques Polychim (80 sal.) et Distriplast (75 sal.), une cimenterie Imerys (75 sal.). L’agro-alimentaire rassemble une boulangerie Delifrance (170 sal.) et l’industrie du poisson Appett Marine (90 sal.).

Dunkerque abrite aussi les installations électriques Eiffage (140 sal.), Cegelec (Actemium, 230 sal.), Spie (130 sal.), Snef (120 sal.) et SET (70 sal.); analyses Apave (60 sal.) et SFS (60 sal.); chauffage urbain Dalkia (120 sal.); distribution de gaz Engie (60 sal.); traitement de déchets Triselec (110 sal.) et Phoenix (95 sal.); constructions SPIE Batignolles (125 sal.) et Eiffage (60 sal.), isolation Poujaud (250 sal.) et ARS (75 sal.), location de matériel Sarens (60 sal.). Les chantiers sont représentés par Colas (115 et 90 sal.), Eurovia (100 sal.), Suez Eau (140 sal.), les espaces verts Idverde (70 sal.).

Dans le secteur tertiaire, les principaux employeurs sont les gestions de logements Flandre Opale Habitat (115 sal.) et Cottage social des Flandres (100 sal.); assurances CGM (100 sal.); ingénierie Ekium (120 sal.); plusieurs magasins Carrefour (260 et 55 sal.), E. Leclerc (95 sal.), Match (90 sal.), Intermarché (50 sal.). S’y ajoutent parmi les services divers la restauration collective Dupont (85 sal.), l’aide à domicile O2 (95 sal.) les agences de travail temporaire CRIT (100 sal.) et Norton (95 sal.), les nettoyages Onet (115 sal.), Ramery (75 sal.), DK Propre (75 sal.), Serv&Vous (70 sal.). Les transports urbains sont confiés aux Transports de Dunkerque et Extensions (STDE, 400 sal.), du groupe Veolia, dite aussi DK’Bus Marine; SNCF Voyageurs (100 sal.) et SNCF Réseau (50 sal.); transports routiers Mauffrey (150 sal.), Bolloré (90 sal.), Hautier (80 sal.), Becquet (60 sal.), Depaeuw (60 sal.), THDF (60 sal.), Saga (55 sal.) manutention et services portuaires Boluda (90 sal.), SNM (75 sal.), Scorail (20 sal.)

Mardyck, village de l’agglomération de Dunkerque, célèbre pour sa démesure industrielle et son groupe d’éoliennes. En fait, il s’agit d’une fraction de la commune de Dunkerque, mais à 10 km à l’ouest du centre-ville, séparée de Dunkerque par les territoires de Grande-Synthe, Fort-Mardyck et Saint-Pol-sur-Mer, et jouissant d’un statut de «commune associée», avec une mairie relevant du conseil municipal de Dunkerque. L’intégration date de 1979; Mardyck avait alors 320 hab., contre 465 en 1901.

Le village, situé à 2 km de la côte, et qui a le statut de commune associée, abrite à présent 360 hab. seulement mais, sur les 872 ha de son territoire, qui s’étire sur 8 km jusqu’au canal de Bourbourg, s’étale une partie de la zone industrialo-portuaire où se trouvent le terminal du gazoduc de Norvège, une cimenterie Lafarge, la raffinerie de pétrole Total, l’usine d’éthylène et plastiques de la firme italienne Polimeri et un site de cinq éoliennes installé en 2003 par le groupe pétrolier Total, en partie à des fins d’expérimentation de générateurs de grande puissance: deux éoliennes Vestas de 2 MW (80 m de diamètre), deux éoliennes Nordex de 2,5 MW (80 m de diamètre) et une éolienne General Electric Wind de 3 MW (104 m de diamètre).

Aussi la position du petit village de Mardyck, encerclé d’installations dangereuses et classées Seveso, défraie-t-elle régulièrement la chronique. Le canal de Mardyck, qui date de 1715, va du canal de Bourbourg à la mer et longe la limite sud-ouest de la commune, puis sa limite nord-est, passe entre raffinerie et aciérie et aboutit au bassin de Mardyck où il rejoint le canal des Dunes. La station de pompage de Mardyck est la plus puissante des Wateringues (25,2 m3/s). Mardyck détient 1 800 m de littoral, inhabité.

Fort-Mardyck est une ancienne commune de 141 ha, et 3 800 hab. en 1999, 6 km à l’ouest du centre de Dunkerque. Situé entre Grande-Synthe et Saint-Pol-sur-Mer, son territoire n’occupe qu’un quadrilatère entièrement urbanisé entre Grande-Synthe et les installations sidérurgiques littorales. Pour le reste, le territoire est surtout résidentiel, avec quelques ateliers; parc de loisirs avec zoo, sur 2 ha. L’habitat était issu d’une petite colonie sur le site d’une ancienne forteresse espagnole, construite en 1622, rachetée en 1662 et dont les défenses furent rasées dès 1670, à quelques restes près. Un hameau de marins pêcheurs y fut ensuite établi, dont la concession ne fut abolie qu’en 1962; d’abord orientés vers la pêche locale, ils ont participé au 19e s. à la saga des pêcheurs d’Islande. La commune a été créée en 1793, puis rattachée à Mardyck en 1800, à Grande-Synthe en 1830, enfin recréée en 1867 avec un millier d’habitants, passés à 2 000 dans l’entre-deux-guerres, et culminant à 4 800 hab. en 1975; la population a sensiblement diminué ensuite. En 2010, Fort-Mardyck disparaît des listes de communes: la fusion avec Dunkerque a été entérinée.

Saint-Pol-sur-Mer, ancienne commune du département du Nord dans le canton de Dunkerque-Ouest, a été intégrée à la commune de Dunkerque en 2010. Elle se situe face à Dunkerque de l’autre côté du port, entre celui-ci et la N1. Ce ne fut d’abord qu’un simple hameau de Petite-Synthe, nommé le «trou aux ronces» (Dornegat). La commune a été créée en 1877 et s’est vu alors attribuer le nom de l’estaminet local; elle avait 1 500 hab., passés à 4 400 dès 1881 et à 10 300 en 1911, puis 18 700 en 1962; elle a atteint 23 800 hab. en 1990 pour redescendre à 22 400 en 2006. Son territoire était déjà presque entièrement encerclé par celui de Dunkerque. Les quartiers Ouest et la cité Liberté forment un «quartier prioritaire» de 137 ha et 10 500 hab., à l’ouest de la commune et près de la gare de triage; ce périmètre a obtenu un statut de zone franche urbaine. Un nouveau beffroi signale depuis 2003 le centre-ville rénové, avec treize cloches et quatre grands jacquemarts. Saint-Pol a deux collèges publics et un privé, un lycée professionnel public, une maternité (55 places), un centre de spectacles moderne Romain Rolland et une académie de musique. Saint-Pol reste principalement résidentielle et tertiaire, en dehors de quelques ateliers. Elle a un centre commercial autour d’un hypermarché Carrefour, et divers ateliers et bureaux de taille modérée.

Côté est, Rosendaël avait été créée en 1860 à partir des territoires de Coudekerque-Branche et de Téteghem, avec 2 100 hab. Puis de son territoire est sortie Malo-les-Bains en 1891; mais elle a poursuivi sa croissance, atteint 10 000 hab. en 1901, et fini par parvenir à 20 000 hab. en 1962. Enfin, elle a fusionné avec Dunkerque en 1971.

Dunkerque avait déjà 29 000 hab. en 1850, puis a plafonné à un peu moins de 40 000 hab. entre 1885 et 1911, et n’avait que 31 000 hab. en 1936. Les destructions de la guerre l’ont laissée exsangue et elle n’avait encore que 27 500 hab. en 1968, avant de sauter à 73 800 hab. à la faveur des premières fusions, puis de grandir encore avec celles de 2010. L’agglomération approche les 200 000 habitants: la communauté urbaine de Dunkerque est la deuxième intercommunalité du Nord, associant 17 communes et 195 900 hab. L’Insee attribue à Dunkerque une «unité urbaine» de 164 000 hab. (8 communes), une «aire d’attraction de 260 800 hab. (66 communes). L’arrondissement a 374 100 hab., 111 communes, 144 279 ha.

Deux nouveaux cantons portent le nom de Dunkerque. Le premier (50 700 hab.) contient une fraction de la commune; le second (49 700 hab.) englobe le reste et quatre autres communes.


Ghyvelde

(4 190 Ghyveldois, 1 646 ha) est une commune du département du Nord dans la communauté urbaine de Dunkerque, à la frontière belge, 13 km ENE de Dunkerque. Le bourg est sur un ancien cordon de dunes flandriennes à 3 km de la mer, entre les Moëres et Bray-Dunes. Le Conservatoire du littoral y a acquis et protège depuis 1990-2005 quelque 170 ha formant le site de la dune fossile de Ghyvelde. La commune est traversée par le canal des Chats et l’autoroute A16 (échangeur) et bordée au nord par la N1 et le canal de Dunkerque (ou de Furnes). Son finage lance toutefois vers le NO une langue étroite qui atteint le rivage de la mer du Nord à l’ouest de Zuydcoote, où la dune Dewulf forme un espace protégé du Conservatoire du Littoral, en partie sur les territoires de Zuydcoote et Leffrinckoucke. Au sud-ouest, le finage inclut une partie du polder des Moëres. L’aérodrome de Dunkerque-Ghyvelde (LFAK) est surtout dans la commune des Moëres.

Ce dessin tient à l’émancipation de la commune de Bray-Dunes en 1883, qui a fait passer la population communale de 2 400 hab. à 1 400. Le nombre d’habitants est ensuite resté à ce niveau tandis que Bray-Dunes progressait; il était encore à 1 400 hab. vers 1950. Il est passé à 2 000 hab. en 1968, 3 000 en 1999, et s’est accru de 1 110 hab. après 1999 (+36%). Ghyvelde a une base de loisirs du lac des Hérons, un écomusée de la ferme Bommelaers Wall avec dégustation de chicorette, un parc et élevage d’autruches au Camélus. L’Association La Dune aux Pins gère une maison d’accueil spécialisée (troubles psychologiques, 150 sal.).


Grande-Synthe

(22 730 Grand-Synthois, 2 144 ha) est un ancien chef-lieu de canton du département du Nord dans la communauté urbaine de Dunkerque, 7 km à l’ouest de Dunkerque. La commune détient 5 km de littoral, longés par le bassin Maritime du port de Dunkerque, et s’étend sur 7 km vers l’intérieur jusqu’au canal de Bourbourg, ce qui lui vaut d’être traversée par la N1, l’autoroute A16 (échangeur) et la voie ferrée. C’est un gros centre industriel; près de la côte s’est installée la puissante usine sidérurgique de la Sollac (groupe Arcelor-Mittal), employant 3 030 personnes; elle produit 6,5 à 7 Mt d’acier par an et 2,2 Mt laminés à froid.

Une autre zone industrielle est au sud de Grande-Synthe, en bordure de la gare de triage et du canal. Elle accueille l’aciérie GTS du groupe allemand Dillinger (tôles fines, 580 sal.), Europipe du groupe allemand Mannesmann qui fabrique des tubes (170 sal.). Parmi les autres établissements en métallurgie et mécanique: usine de ferromanganèse Ferroblobe Manganèse ex-Glencore (80 sal.), mécanique Harsco (520 sal.), Ortec (groupe états-unien Ametek, 55sal.) et CMI MCF (60 sal., au groupe Cockerill, donc Arcelor-Mittal), métallerie Isocab (80 sal.), récupération Auximeta (60 sal.), sables et graviers SGA (75 sal.); et une fabrique de condiments du groupe Lesieur (10 sal.).

La ville accueille un gros centre commercial autour d’un hypermarché Auchan (530 sal.), flanqué de magasins Boulanger (55 sal.), Leroy-Merlin (125 sal.), Decathlon (60 sal.). Dans les services et le bâtiment apparaissent les installations électriques Satlec (75 sal.) et Cegelec Actemium (50 sal.), thermiques CSM (85 sal.), l’installateur de réseaux Sade (60 sal.); conditionnement à façon Sotralim (55 sal.), transports Cotrans (50 sal.) et manutention portuaire du Terminal de l’Escaut (STEM, 165 sal.). nettoyage GSF (150 sal.), gardiennage Securitas (130 sal.).

L’habitat de Grande-Synthe est entièrement d’après 1945. La ville est très fleurie (4 fleurs, grand prix) et bénéficie d’une médiathèque, d’un Palais du littoral (théâtre et concert) ouvert en 2007, nombreux jardins, verger pédagogique. Le lac de Puythouck (130 ha) offre une base de voile. Elle a trois collèges publics et un privé, deux lycées publics dont un professionnel, deux centres d’aide par le travail, une polyclinique (210 lits, 400 sal.). Elle a reçu un parc éolien de 5 mâts (12 MW). Un ensemble Europe, Albeck, Anciens Jardiniers forme un «quartier prioritaire» de 112 ha et 9 200 hab. dans la partie nord de la commune.

Grande-Synthe n’avait pas 1 000 hab. en 1900, et seulement 1 500 hab. en 1954. Sa population a crû très rapidement à partir de 1960, passant à 12 600 hab. en 1968, 24 300 en 1975. Elle a culminé à 26 200 hab. en 1982 et encore perdu 830 hab. après 1999.

Le nouveau canton de Grande-Synthe a 14 commues, 59 200 hab.


Grand-Fort-Philippe

(5 180 Philippois, 313 ha) est une commune du département du Nord dans la CU de Dunkerque, juste à l’ouest de Gravelines sur la côte de la mer du Nord, au débouché de l’Aa, rive gauche. En face est Petit-Fort-Philippe, qui dépend de Gravelines. Son étroit finage, presque entièrement occupé, s’allonge modérément entre la rive gauche de l’Aa et la limite départementale, sur moins d’un kilomètre de large. Il ne reste rien du fort originel espagnol du 17e s., ni de l’ancien port de pêche, et la commune est essentiellement résidentielle. Elle a un musée de la mer et un calvaire des marins, un musée du sauvetage; un collège public, un magasin Super-U (60 sal.). La commune a été créée en 1883 à partir de Gravelines. Elle avait 2 600 hab. en 1886, et sa population a augmenté progressivement, jusqu’à son maximum de 1982 (6 600 hab.). Elle diminue depuis et a encore perdu 940 hab. après 1999.


Gravelines

(11 200 Gravelinois, 2 266 ha est un ancien chef-lieu de canton du département du Nord dans l’arrondissement et la CU de Dunkerque, 17 km OSO de celle-ci. La vieille ville était un bourg fortifié sur la rive droite de l’Aa, tout près de l’embouchure, servant d’avant-port à Saint-Omer, pour la pêche et le transit des sels, fruits et vins. Elle reste entourée par les murailles de brique et pierre (16e au 19e s.), la Porte aux Boules, leurs six bastions, les larges douves, contregardes et demi-lunes redessinées par Vauban et enjolivées par l’espace vert de la Pépinière. À l’un des angles subsiste la Poudrière, ancien arsenal de Charles-Quint transformé en musée du dessin et de l’estampe originale. La ville est fleurie (trois fleurs) et offre une maison du Patrimoine, un beffroi récent (19e-20e s.), une église du gothique flamboyant, une grande citerne du 18e siècle (1 400 m3).

Son territoire borde la mer du Nord entre l’Aa et l’avant-port Ouest de Dunkerque, qu’elle partage avec Loon-Plage. L’urbanisation de style balnéaire relie Gravelines à la mer sur la rive droite de l’Aa, et se termine sur la plage par la station de Petit-Fort-Philippe, reconstruite après 1945 et accompagnée d’un port de pêche. Elle a reçu le complexe de sports et loisirs Sportica, un port de plaisance de 410 anneaux. Elle conserve un ancien phare de 1843, et le petit moulin Lebriez, en bois et à pivot, venu d’Oye-Plage. Elle a aussi une station de pompage des Wateringues (Rivière d’Oye, 5 m3/s). Toutefois, l’activité touristique est limitée: Gravelines a un camping de 170 places et trois hôtels mais très peu de résidences secondaires. La commune avait déjà plus de 5 000 hab. en 1840 et sa population était montée à 8 400 hab. en 1881 avant que Grand-Fort-Philippe en soit détachée (1883). Elle n’en avait que 5 400 hab. vers 1930 puis le nombre des habitants a augmenté jusqu’en 1999; mais il aurait baissé de 1 570 hab. depuis 1999.

Sur la côte a pris place la grande centrale nucléaire EDF de Gravelines (1 800 salariés), forte de six réacteurs de 900 MW chacun et produisant annuellement 38 000 GWh; c’est ainsi la plus puissante usine électrique de l’Union européenne. La première tranche est entrée en production en 1980, la sixième en 1985. Elle est accompagnée d’une ferme aquacole qui produit 1 500 t de bars et 1 000 t de daurades par an. La centrale est flanquée à l’est par la zone industrialo-portuaire des Huttes, qui donne sur le bassin de l’Atlantique du port autonome de Dunkerque.

La N1 traversait Gravelines mais a été assortie d’un détournement par le sud. La ville est dotée d’un collège public et un collège privé, d’un institut médico-éducatif (55 places), de maisons de retraite. Dans la métallerie-mécanique apparaissent l’usine Tarlin du groupe ADF (Ateliers de Fos, 230 sal., dont maintenance nucléaire), les sidérurgies Befersa Valera (80 sal.) et Comilog (60 sal.), les ateliers de mécanique CMI Maintenance (140 sal.), Endel (130 sal.), le traitement de surfaces Eupec (60 sal., groupe indonésien d’origine coréenne Korindo). Dans d’autres domaines se signalent les produits pharmaceutiques HSWT Ajinomoto (80 sal., japonais), les pesticides BASF (170 sal., allemand); transports de voyageurs Keolis (60 sal.); installations de sports Sportica (95 sal.); transports nucléaires Daher (150 sal.), déchets nucléaires Orano (65 sal.), matériel informatique OVH (60 sal.).


Leffrinckoucke

(4 300 Leffrinckouckois, 728 ha dont 120 de bois) est une commune du département du Nord dans la communauté urbaine de Dunkerque, 7 km à l’est de Dunkerque. Son finage est perpendiculaire à la côte, dont elle a un peu plus de 2 km de plages et de 150 ha de dunes. Sur celles-ci, en partie protégées (site de la dune Dewulf partagé avec Ghyvelde et Zuydcoote), campe le fort des Dunes de 1880, qui pouvait accueillir près de 500 militaires, et qui est entretenu; il est précédé sur le rivage par la batterie de Zuydcoote, de 1879, abandonnée. L’activité balnéaire est limitée: la plage permet les sports de glisse et le char à voile, mais la commune a très peu de résidences secondaires, aucun hôtel classé et un seul terrain de camping, d’une centaine de places.

En arrière se trouvent l’aciérie électrique des Dunes, de la société Ascometal (270 sal.), au groupe italien Lucchini, apparue en 1912; et l’usine métallurgique voisine Valdunes (120 sal., groupe états-unien Freedom Forge) qui fabrique notamment des roues de wagons et des boggies de TGV. Le vieux noyau villageois est un peu au sud du couloir de circulation, qui associe voie ferrée (avec gare), N1 et A16 (avec accès), canal de Furnes. La commune n’avait encore que 460 hab. en 1911; elle est montée à 1 800 hab. en 1931, 2 500 en 1962 et a culminé à 5 300 hab. en 1975 puis s’est réduite et poursuit sa décrue, perdant 740 hab. après 1999 (-15%).


Loon-Plage

(6 160 Loonois, 3 567 ha) est une commune du département du Nord dans la communauté urbaine de Dunkerque, à l’ouest de Dunkerque et 6 km à l’est de Gravelines. Le village-centre originel est à 3 km de la mer, mais le territoire communal va du littoral au canal de Bourbourg, dans des terrains jadis marécageux drainés par une série de watergangs. La commune est fleurie (quatre fleurs) et bénéficie d’un collège public mais n’a rien de touristique, même si elle a ajouté «Plage» à son nom en 1890: ni résidence secondaire ni camping, cependant trois hôtels (190 chambres). La N1, l’A16 et la voie ferrée traversent son territoire. Au nord, la côte est longée par le canal des Dunes, qui aboutit au bassin de l’Atlantique creusé au nord-ouest et précédé par un vaste avant-port partagé avec Gravelines.

Sur ces rives ont pris place le terminal Transmanche de Dunkerque et l’usine Alvance Aluminium Dunkerque (Alcan, 650 et 610 sal., jadis Pechiney), la manutention portuaire NFTI Terminal des Flandres (260 sal.), les transports maritimes DFDS (danois, 70 sal., ex-Norfolkline), l’entreposage Duncold (90 sal.); installations électriques Clauser (55 sal.); négoce de fruits et légumes Fruidor (140 sal.); nettoyage Onet (110 sal.), traitement des eaux Sodi-Osis (95 sal.). La commune a eu 2 000 hab. en 1856, a d’abord crû lentement (3 000 hab. en 1954) puis plus vite dans la seconde moitié du 20e s., culminant en 1999; mais elle a perdu 410 hab. depuis 1999.


Téteghem-Coudekerque-Village

(8 510 hab., 3 044 ha) est une commune nouvelle du département du Nord, dans la communauté urbaine de Dunkerque, créée en 2016 par fusion de deux communes.

Téteghem (7 090 Téteghémois, 1 841 ha) est à 5 km au SE de Dunkerque dans la plaine maritime. Depuis l’émancipation de Rosendaël en 1860, elle se limite au nord au canal de Furnes que longe la N1, et n’atteint donc pas le littoral. Son territoire est traversé par le canal des Moëres et, au nord, par l’autoroute A16. Le grand ensemble de logements du Chapeau Rouge est entre A16 et N1. La cité Degroote, à l’angle nord-ouest de la commune près de Coudekerque-Branche, forme un «quartier prioritaire » de 13 ha et 1 300 hab. La ville a des métalleries ETIMD (25 sal.) et Baudin-Châteauneuf (45 sal.), une menuiserie Denis (30 sal.); ingénierie Technifrance (45 sal.); installations électriques Cegelec (45 sal.); supermarché Carrefour (30 sal.), transports Marquis (70 sal.); centre d’aide par le travail. Téteghem avait 2 400 hab. en 1856 et 1 200 hab. en 1861 après la scission de Rosendaël; sa population est peu à peu montée à 1 800 hab. en 1911, et n’a ensuite retrouvé ce niveau qu’en 1968; elle a alors entamé une vive croissance; mais elle a perdu 290 habitants après 1999.

Coudekerque-Village (1 420 Coudekerquois, 1 203 ha dont 300 de bois) est un village distinct à 3 km au SO de Téteghem, dont la population croît depuis les 540 hab. de 1954 (+290 hab. après 1999), mais qui en avait eu plus de 700 au début du 20e siècle. La commune se nommait simplement Coudekerque avant 2008. Son territoire est bordé par le canal de Bergues à l’ouest et le canal de la Basse-Colme à l’est, et sillonné de watergangs; le fort Vallières, des 17e et 18e s., est au bord du canal de Bergues; golf de Dunkerque. Coudekerque-Village et Coudekerque-Branche au NO ne formaient qu’une commune avant 1658, quand la bataille des Dunes a fait partager son territoire en une partie anglaise, relevant de Dunkerque et qui a pris le nom de «Branche» pour indiquer son détachement, et une partie espagnole relevant de Bergues et conservant le village ancien.