Communauté d’agglomération de la Riviera Française

Riviera Française

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communauté d’agglomération des Alpes-Maritimes, associant 15 communes et 73 900 hab. sur 66 010 ha au sud-est du département. Menton (siège), Beausoleil, Breil-sur-Roya, Roquebrune-Cap-Martin, Sospel, Tende et La Turbie dépassent 2 000 hab.

Étrangement, le nom de la communauté est écrit officiellement à l’italienne, sans accent.

Gorbio (1 510 Gorbarencs ou Gorbarins, 702 ha) est un joli village tassé en amande sur un piton, à moins de 3 km au NNO de Roquebrune à vol d’oiseau, à 360 m d’altitude; son vieux château restauré abrite un musée; un orme de 1713 ombrage encore la place du village. Le finage est traversé par l’autoroute; l’habitat contemporain s’est infiltré par le vallon du torrent de Gorbio, qui court vers le sud-est et fixe la limite des communes de Menton et de Roquebrune-Cap-Martin. Gorbio a eu 600 hab. dans la première moitié du 20e s., a perdu quelques habitants ensuite (540 en 1975) et croît depuis; elle a gagné 350 hab. après 1999 (+30%); maison de retraite (55 sal.).

Sainte-Agnès (1 360 Agnésois, 937 ha) est aussi un village perché sur le relief, mais au nord de Roquebrune-Cap-Martin, à une douzaine de kilomètres par la route (4 km à vol d’oiseau) et flanqué de trois forts; il fait partie des «plus beaux villages de France». Le territoire communal est très accidenté et monte à 1 239 m à la pointe nord au mont Ours; un autre fort se voit au pic de Garuche (1 089 m) à la limite nord de la commune. Sa population a augmenté depuis la guerre (280 hab. en 1954, contre 580 au milieu du 19e s.), et a gagné 260 habitants après 1999 (un quart). Des villas sont apparues au sud, où passe l’autoroute, près du col de Garde qui donne accès à Menton.

Castellar (1 140 Castellarois, 1 224 ha dont 400 de bois) est une commune frontalière juste au nord de Menton. Son «village pittoresque des Alpes-Maritimes», est perché au-dessus de Menton sur une étroite crête entre le val du Carei et le vallon de l’Orméa, à 371 m; les ruines du Vieux Castellar sont à 1 800 m au NNE, à 850 m d’altitude, tout près de la frontière. Le finage s’étire du nord au sud, entre le Carei et la crête frontalière, où le relief culmine à 1 378 m au Grand Mont ou Gramondo. La commune a eu 800 hab. à son maximum en 1856, 320 à son minimum en 1954, et sa population augmente tranquillement depuis (+310 hab. après 1999, +37%), les villas éclosant entre le village et Menton. Les GR51 et 52 traversent la commune.

Castillon (400 Castillonnais, 751 ha) se perche à 535 m à la tête du Carei, et tourne ainsi le dos à Sospel, qui est à 10 km au nord par la route; celle-ci franchit le col de Castillon (706 m) en tunnel sous le site ruiné du Vieux Castillon. Au nord-est, le mont Razet offre un panorama à 1 285 m. Le finage n’est pas frontalier. Castillon a subi les destructions de séismes (notamment en 1887) et de guerres. Le village a été reconstruit en 1951 de l’autre côté de la vallée du Carei. Réduite à 55 hab. en 1975, sa population augmente à nouveau (+120 hab. après 1999). Le village est fleuri.

Moulinet (250 Moulinois, 4 107 ha dont 1 966 de bois) tient le haut bassin de la Bévéra; le relief y monte à 2 082 m à l’Authion et porte l’ancien cantonnement militaire des Cabanes Vieilles près des forts de l’Authion. Le village, à 785 m, est à 13 km au nord de Sospel au bord de la Bévéra, séparé de Sospel par les gorges de Piaon; plusieurs chapelles. Au nord-ouest, la route monte au col de Turini avant de plonger vers la Vésubie et Moulinet participe à la station de neige de Turini-Camp d’Argent. Moulinet a eu 1 200 hab. en 1846, 160 à peine en 1982. Elle a un peu repris depuis, mais non après 1999.

Saorge (470 Saorgiens, 8 678 ha dont 5 000 de bois), commune frontalière, a un «village pittoresque des Alpes-Maritimes» en amphithéâtre à 8 km en amont de Breil, dans la vallée en amont des gorges de Saorge, à 500 m. Vers l’est, son territoire va jusqu’au mont Peirevieille à la frontière (2 038 m) et à la Marta (2 136 m). La Bendole y coule dans un étroit sillon très encaissé et impraticable. Vers l’ouest, le finage s’étire sur 12 km jusqu’à l’Authion et, au nord, la Cime du Diable (2 686 m); il englobe ainsi tout le bassin du torrent de Cayros, que remonte une petite route de plus de 10 km. La commune fut jadis Saorgio et avait 3 000 hab. en 1846; monastère de récollets du 17e s., chapelles. La population a rapidement chuté, passant sous les 1 000 hab. en 1910, jusqu’à 320 en 1982. Elle augmente un peu depuis et a gagné 70 hab. après 1999. Saorge a 350 résidences secondaires pour 250 résidences principales.

Fontan (310 Fontanais, 4 961 ha dont 2 763 de bois) est à 2 km au nord de Saorge au bord de la Roya, à 430 m, et a une église du 18e s. ainsi qu’une gare et une usine électrique. La commune a été créée en 1871 à partir de Saorge, avec 1 200 hab., et s’est dépeuplée jusqu’en 1990; elle a regagné 75 hab. après 1999. Le finage en amande s’étend de part et d’autre de la Roya, autour des torrents d’Arrès à l’est, un peu plus amplement du torrent de Céva à l’ouest; mais il n’atteint ni la crête frontalière à l’est ni la crête du Diable et de l’Authion à l’ouest, qui relèvent de Saorge.

La Brigue (710 Brigasques, 9 177 ha dont 3 868 de bois) est une commune frontalière, son village à 7 km au sud-est de Tende par la route (3 km à vol d’oiseau), à 810 m, dans une petite vallée affluente de gauche de la Roya, drainée par le torrent de la Levensa et formée par la réunion de plusieurs hauts vallons dont celui de Morignole au nord, ceux de Bens et du Mont Noir à l’est, de la Marta au sud. La commune est entrée en France avec Tende en 1946 et avait alors 1 400 hab.; sa population est tombée à 770 hab. en 1954, moins de 500 en 1975 et 1982, et augmente depuis (+110 hab. après 1999); elle a 680 résidences secondaires (65% des logements).

La Brigue est un «village pittoresque des Alpes-Maritimes», avec ruines castrales, chapelles, église baroque, arcades, nombreux trompe-l’œil; maison du Patrimoine, musée des traditions apicoles, gare; pont du Coq sur la Levansa (18e s.), plusieurs fortins le long de la frontière, via ferrata au-dessus du village; festival d’art baroque. Le finage culmine au mont Bertrand au nord-est sur la frontière (2 482 m) mais dépasse encore 2 000 m à l’est au mont Saccarel (2 156 m), au sud à la Marta (2 136 m au mont Vaquet, 2 122 au Balcon de Marta). Il comprend aussi une petite enclave (104 ha) à la tête du vallon du Réfrei, à l’extrême pointe nord-est du département, qui atteint 2 404 m à la cime de Pertègue.


Beausoleil

(13 490 Beausoleillois, 279 ha dont 160 de bois,) est un ancien chef-lieu de canton des Alpes-Maritimes dans l’arrondissement de Nice, 28 km à l’est de la préfecture dans la Riviera Française. La commune a été créée en 1904 à partir du quartier bas de La Turbie alors dénommé le Carnier, et a accompagné le développement de Monte-Carlo, notamment par l’arrivée de travailleurs piémontais au quartier des Moneghetti, et l’urbanisation spéculative en villas de luxe. Elle avait 6 300 hab. en 1906, 13 000 en 1931, et s’est tenue à ce niveau depuis mais a crû de 610 hab. après 1999; elle affiche 3 500 résidences secondaires (36% des logements). Son territoire entoure la principauté de Monaco, sur laquelle la tour d’orientation du mont des Mules (290 m) donne une vue étendue; mais ce finage est limité aux basses pentes qui dominent la principauté, et ne touche pas au littoral; il atteint 600 m au nord-ouest. La ville est fleurie (trois fleurs) et offre à la visite les serres et le jardin d’hiver du Riviera Palace, hôtel de 1903 qui a servi d’hôpital militaire en 1914-1918 et a été transformé en résidence par appartements après sa fermeture en 1932; parc de sports et loisirs du Devens sur le replat du mont des Mules; théâtre, festival de musique de chambre. La ville a un collège public; aide à domicile Azur Santé (35 sal.). L’autoroute passe en haut du finage et y emprunte le tunnel de l’Arme.

Le nouveau canton de Beausoleil a 7 communes et 33 400 hab.


Breil-sur-Roya

(2 190 Breillois, 8 131 ha dont 4 018 de bois)est un ancien chef-lieu de canton des Alpes-Maritimes dans l’arrondissement de Nice, 64 km au NE de la préfecture, dans la CA de la Riviera Française. Nommé Breglio en italien, le bourg est devenu «sur-Roya» en 1936. Sa population avait atteint 2 700 hab. dès 1861 et elle était encore de 2 700 hab. en 1931; elle a diminué ensuite et reste assez stable depuis 1975, gagnant 120 hab. après 1999. La commune de Breil a aussi 700 résidences secondaires (36% des logements) et a été dotée d’un collège public, un hôpital local (5 lits médicaux, 130 au total avec la maison de retraite des Jardins d’Azur), un Écomusée du Haut Pays; magasin Carrefour (20 sal.); elle a une église du 12e s., plusieurs chapelles; centrale électrique (EDF, 80 sal.).

La route N204 vers Vintimille court le long de la Roya, tandis que la route vers Nice (D2204) se hisse jusqu’au col de Brouis (879 m). Breil est le lieu d’une bifurcation ferroviaire entre la ligne de la vallée vers Vintimille et la ligne vers Nice, qui emprunte un tunnel de 4 km entre les bassins de la Roya et de la Bévéra par le grand vallon de la Maglia, qui conflue avec la Roya, rive droite, juste en amont de Breil, le finage va au nord-ouest jusqu’à l’Authion (2 082 m) où sont toute une série de défenses de l’entre-deux-guerres: forts et ouvrages de la Béole, du Col d’Agnon, Plan Caval, Col de Brouis, Croix de Cougoules, Mille Fourches et la Forca. À l’est, le relief atteint 1 587 m à la Tête d’Alpe, à la frontière.


Menton

(30 980 Mentonnais, 1 405 ha) est un ancien chef-lieu de canton des Alpes-Maritimes dans l’arrondissement de Nice, 31 km à l’est de Nice. La ville est frontalière, située entre la frontière italienne et le torrent de Gorbio à l’ouest, le long du golfe de la Paix. Menton est réputée avoir le climat le plus doux de la Côte d’Azur et la végétation la plus «exotique», dont de nombreux citronniers. Fleurie (4 fleurs), elle est aussi «ville d’art et d’histoire».

La vieille ville est un peu en hauteur mais en bordure de mer. Le parvis Saint-Michel, pavé de galets, en est la partie la plus prestigieuse et la plus haute (42 m); il voisine avec l’église baroque à grand campanile de 53 m de haut (18e s.), le cimetière en terrasses du Vieux Château, l’hôtel d’Adhémar (18e s.). Le bord de mer comprend la longue promenade du Soleil au sud, jusqu’à une petite pointe qui marque la limite de la commune et de celle de Roquebrune-Cap-Martin, près de laquelle sont l’église russe (fin du 19e s.), une polyclinique et le palais de Carnolès (17e s.) qui abrite le musée des beaux-arts. Le centre-ville moderne est un peu en arrière, au débouché du vallon du Carei, avec les gares ferroviaire et routière, le casino, le palais de l’Europe et, un peu plus à l’est, l’hôtel de ville.

Sur la baie qui mène à la frontière, se succèdent le vieux port à la pointe orientale, qui abrite les quelques bateaux de pêche et offre 590 places de tourisme (460 en hiver); la plage des Sablettes avec la maison des loisirs et un stade nautique; puis le quartier riche de villas du Garavan au nord, commencé en 1888, et qui a reçu un port de plaisance de 800 places. Vallons et croupes sont colonisés par les villas vers le nord, notamment le long du Val du Carei. L’autoroute contourne la ville à 3 km du rivage à la traversée du Carei, puis s’en rapproche au passage de la frontière. Au-delà de l’autoroute, le finage envoie vers le nord une queue de plus de 3 km qui inclut la forêt de Menton sur le versant droit du Carei.

Une zone d’activités a pu prendre place au fond de la vallée du Carei, desservie par l’échangeur autoroutier, à la hauteur du vieux village de Castellar. Menton met en avant son église russe du 19e s. et sa basilique baroque du 17e s., le monastère de l’Annonciade (rouvert en 1922) sur la croupe entre les vallons du Carei et de Borrigo à l’emplacement de l’ancien château seigneurial de Puypin, et se flatte de disposer de nombreux parcs et jardins en ville: les Jardins Maria Serena, des Romanciers à la villa Fontana Rosa, botanique exotique du Val Rameh, des Colombières et du Peyronnet, tous à Garavan; ceux du palais Carnolès et de Biovès côté ouest; plus les jardins de la Serre de la Madone en hauteur, également vers l’ouest; on y fête le citron en février. Menton propose aussi des musées de préhistoire régionale, des beaux-arts dans le palais Carnolès du 17e s., Jean Cocteau dans le bastion qui protégeait les quais; plus un festival de musique et un mai musical, des rencontres théâtrales, des journées méditerranéennes des jardins.

Elle a un casino du groupe Barrière (100 sal.); hôtel Royal Westminster (40 sal.) et résidence Le Balmoral (30 sal.) du groupe Vacances Bleues; appartements Vacanciel (60 sal.) de l’ancien palace de l’Orangeraie. La ville est dotée de deux collèges publics et un privé, deux lycées professionnels publics; centre hospitalier la Palmosa (100 lits médicaux, 230 en tout, 270 salariés), un institut médico-éducatif (fondation Bariquand-Alphand, 95 places), un centre de rééducation cardio-respiratoire dans le val de Gorbio (75 places), deux maisons de retraite de 60 et 55 places, une clinique (50 sal., 50 lits). La commune est bien desservie, par la voie ferrée et sa gare de frontière, par l’autoroute qui est accessible par un échangeur et traverse les reliefs par trois tunnels, par la N7 sur le littoral. Les entreprises principales sont aussi du secteur tertiaire: Intermarché (190 sal.), négoce de fleurs Natur’Elle (85 sal.); aide à domicile Alcasap (55 sal.); La Poste (110 sal.); cars Keolis Menton Riviera (100 sal.); boulangerie Rey (60 sal.); constructions SATRI (70 sal.), SMBTP (70 sal.); nettoyages Onet (200 sal.), Atout Net (95 sal.); Sud-Est Assainissement (60 sal.).

Menton avait 5 000 hab. en 1961, 10 000 au tournant du 20e s., 23 400 en 1931; puis sa population a diminué un peu (17 000 hab. en 1954), repris ensuite, stagné à 25 000 hab. de 1968 à 1990, puis fluctué un peu au-dessus; elle a augmenté de 1 710 hab. après 1999; s’y ajoutent 12 600 résidences secondaires (43% des logements). La ville est le siège de la communauté d’agglomération de la Riviera Française, qui rassemble 15 communes et 73 900 hab.

Le nouveau canton de Menton a 47 700 hab., 6 communes.


Roquebrune-Cap-Martin

(13 040 Roquebrunois, 933 ha dont 600 de bois) est une commune des Alpes-Maritimes dans la CA de la Riviera Française, 24 km à l’ENE de Nice juste au SO de Menton. La commune, jadis Roquebrune tout court, s’est nommée Cabbé-Roquebrune en 1890, puis a pris son nom actuel en 1913. Le vieux village perché domine le fond de la baie de Roquebrune au centre de la commune; château des Grimaldi (12e et 16e s.), musée du patrimoine, grotte préhistorique du Vallonnet, quelques restes romains (tombeau de Lumone), ruines d’un ancien monastère, olivier réputé millénaire, plusieurs villas protégées de Hans-Georg Tersling comme Cyrnos (1892), villa E1027 d’Eileen Gray (1929) et d’autres connues pour leurs jardins: Cypris (1904), Torre-Clementina (1905); minuscule «cabanon» d’«habitat minimum» de Le Corbusier.

Le rivage montre plusieurs facettes. Saint-Roman, proche de Monaco, distribue ses maisons et ses équipements de part et d’autre de la pointe de la Veille et accueille des terrains de sports et loisirs et des résidences de vacances (Monte Carlo Country Club, Monte Carlo Beach Hôtel à la Société des Bains de Mer, Riviera Beach). Bon Voyage et Cabbé, au fond de la baie de Roquebrune, sont des espaces résidentiels de villas et de petits immeubles d’appartements, bénéficiant de petites plages et d’une gare. La péninsule du Cap Martin s’allonge vers le sud-est sur 2 km et abrite surtout de grosses villas entourées de parcs. Au-delà, Carnolès borde la longue plage orientale relayée vers le nord-est par celle de Menton; c’est la partie la plus urbanisée de la commune et sur la plus grande profondeur, en raison du faible relief. Près de la gare de Carnolès, le quartier de Gardanne, à la limite de Menton, héberge dans l’ancienne caserne de chasseurs alpins la base aérienne 943 de l’armée de l’air, qui a la responsabilité du centre de détection du mont Agel, à 21 km par la route et 10 km à vol d’oiseau, 1 100 m plus haut. Entre Carnolès et le vieux village s’étend un vaste ensemble de villas sur les pentes du Val de Vesquier, du Hameau et jusqu’au val de Gorbio partagé avec Menton. Les anciennes batteries du Cornillat dominent cet ensemble du haut de leurs 343 m.

Le relief de la commune culmine à 689 m au mont Gros, au nord-ouest, qui porte aussi des batteries et sert de site de vol libre. L’autoroute passe sur les hauteurs à l’ouest du vieux village, entre deux longs tunnels. La commune, essentiellement résidentielle et cossue, a un collège-lycée privé mais seulement de petites entreprises de commerce et de service; les principales sont un Intermarché (35 sal.), des supermarchés U (30 sal.) et Casino (20 sal.); intérim Bossis (30 sal.), maison de retraite Orpea (65 sal.). La population communale a connu une sensible augmentation entre 1876 (850 hab.) et 1911 (5 300 hab.) puis est restée à ce niveau jusqu’en 1954. Elle a de nouveau crû entre 1954 et 1982 puis s’est à peu près stabilisée; elle a augmenté de 1 070 hab. depuis 1999. Roquebrune-Cap-Martin compte en outre 6 700 résidences secondaires (48% des logements).


Sospel

(3 890 Sospellois, 6 239 ha dont 2 140 de bois) est un ancien chef-lieu de canton des Alpes-Maritimes, dans la Riviera Française, 41 km au nord de Menton, à 350 m. Nommée Sospello jusqu’en 1861, la commune est frontalière. Elle a eu 4 400 hab. en 1846 puis s’est dépeuplée jusqu’en 1975 où elle n’avait plus que 1 800 hab.; elle croît à nouveau depuis et a encore gagné 950 hab. après 1999 (+32%). Le village est sur le versant d’adret du mont Agaisen (750 m), et domine la vallée de la Bévéra, face au confluent du Merdanson qui vient du sud. Il a un collège public, un hôpital local (12 lits médicaux, 210 lits en tout) et tient un remarquable carrefour de routes vers L’Escarène et Nice par le col Saint-Jean (642 m) et le col de Braus (1 002 m) à l’ouest, vers Breil, Tende et la vallée de la Roya au nord-est, l’Italie et la basse Roya à l’est, Menton par la vallée du Carei au sud, et la Vésubie par le col de Turini au nord.

Cette situation n’est pas étrangère à la promotion de ce «village pittoresque des Alpes-Maritimes» comme lieu d’évêché dès le 5e siècle, et comme relais de la route du sel. Il offre une cathédrale baroque du 18e s., une tour des anciens remparts, des arcades et fontaines, un pont vieux (13e s.); camping le Mas Fleuri (45 sal.). La Bévéra entre dans la commune par les gorges de Piaon et tourne vers l’est devant le village de Sospel, passant la frontière à la limite orientale de la commune. La voie ferrée de Nice à Coni par Tende passe à Sospel entre deux longs tunnels, de 6 km à l’ouest (vallée du Paillon et col de Braus) et 4 km à l’est (vallée de la Roya). Les forts Suchet et Saint-Roch subsistent au sud-ouest de la commune, le premier sur le mont Barbonnet, le second offrant deux musées et un site de vol libre. Les crêtes du nord sont dans une avancée du Parc national du Mercantour et montent à 1 821 m au Mangiabo.


Tende

(2 220 Tendasques, 17 747 ha dont 7 799 de bois) est un ancien chef-lieu de canton des Alpes-Maritimes dans la Riviera Française, 58 km NNE de Menton à 815 m. Le village est dans la vallée de la Roya. Il est connu pour ses maisons colorées, où dominent le jaune et le rose, et réunit tour de l’Horloge, restes du château des Lascaris, collégiale des 12e et 13e s.; musée des Merveilles, maison du Miel et de l’abeille; une via ferrata est aménagée près du village. La commune est entrée en France après la dernière guerre et avait 2 200 hab. en 1846; elle a oscillé autour de 2 000 hab. ensuite et a gagné 330 hab. après 1999; elle a un millier de résidences secondaires (44% des logements). Tende a un collège public et un hôpital local (5 lits médicaux, 120 lits en tout), plus une maison de convalescence et de retraite de 200 places dépendant du CHU de Nice.

Le vaste finage s’étend tout le long de la frontière, des Cimes de l’Agnel (2 852 m) et des abords du mont Clapier (3 045 m) à l’ouest, à la Cime de Vélègue (2 386 m) à l’est, isolant au nord-est une petite enclave qui relève de La Brigue. La frontière est jalonnée de forts au nord de Tende: Giaure, Pernante, la Marguerie, Central, Tabourde et Pépin, d’ouest en est. La route nationale 204 et la voie ferrée de Nice à Coni (Cuneo), qui remontent la vallée de la Roya, traversent la frontière par des tunnels de plus de 3 km de long. La station de ski italienne de Limone-Piemonte est juste au-dessus des tunnels et déborde un peu sur Tende. La voie ferrée est d’ailleurs en tunnel dans la plus grande partie de sa traversée du canton, et y dessine plusieurs boucles hélicoïdales, dont une grande juste au nord de Tende, les autres près de La Brigue.

Saint-Dalmas-de-Tende est un gros hameau à 5 km au sud de Tende à l’entrée des gorges de la Roya; la voie ferrée y quitte momentanément la vallée en faisant un détour et plusieurs boucles vers La Brigue; gare. De l’autre côté du bourg, le hameau de Vievola, 5 km en amont de Tende, a une autre boucle ferroviaire et la dernière gare avant la frontière, plus un golf; une usine hydroélectrique fonctionne en amont, au débouché du vallon de Caramagne. La partie orientale du finage de Tende est formée par le bassin du Réfréi, dont le torrent débouche sur la Roya à Tende même. La partie occidentale est plus étendue; hors du court vallon septentrional de Caramagne qui descend sous les forts, elle est surtout accidentée par le bassin du torrent de Valmasque. Celui-ci naît au nord-ouest, où il sert de déversoir aux grands lacs de l’Agnel (2 645 m), Vert (2 230 m), Noir (2 278 m) et du Basto (2 341 m), qui peuvent être admirés à partir du refuge de la Valmasque (2 233 m). Il descend successivement les vallons de Castérino et de la Minière et débouche sur la Roya à Saint-Dalmas-de-Tende, sous le nom de Bieugne.

Une route remonte la vallée, depuis son confluent à Saint-Dalmas jusqu’au hameau de Castérino à 1 540 m et se prolonge vers le refuge par une piste; la station de ski nordique de Castérino offre trois pistes (15 km) et plusieurs hôtels; un «train des neiges» fonctionne en saison les fins de semaine de Nice à Saint-Dalmas-de-Tende, relayé en bus jusqu’à Castérino en saison. Entre les vallons de Castérino et de la Minière a été aménagé le lac de barrage des Mesches (1 365 m), avec une usine électrique, près de l’ancien site minier de Valaura; il alimente par conduite souterraine une autre usine située sur la Roya un peu en aval du confluent du Valmasque à Saint-Dalmas, à 646 m. Le lac reçoit de l’ouest le torrent qui descend de la vallée des Merveilles, connue pour ses lacs et ses pétroglyphes. Tout cet ensemble de l’extrême occident de la commune de Tende est dans le parc national du Mercantour.


Turbie (La)

(3 040 Turbiasques, 742 ha) est une commune des Alpes-Maritimes, 17 km au NE de Nice, 12 km OSO de Menton à la pointe SO de la CA Riviera Française. Le village est sur les hauteurs dominant Monaco, à 480 m. Le Trophée des Alpes est un monument romain érigé quelques années avant notre ère à la gloire d’Auguste, et de quelque 49 m de haut, très abîmé jusqu’à son classement en 1865. Le nom même du village en dérive par altération de Tropea Augusta. C’est un «village pittoresque des Alpes-Maritimes», avec des restes de remparts, fontaine, église baroque. Le principal employeur privé est la société d’autoroutes Escota (Vinci, 100 sal.). La Turbie a perdu en 1904 et 1908 les territoires de Beausoleil et Cap-d’Ail. Sa population est alors passée de 7 600 hab. à 2 100. Elle était inférieure à 1 200 hab. en 1954 puis s’est remise à croître, atteignant les 2 000 hab. en 1983; elle n’a pas changé depuis 1999. Le finage de La Turbie n’a donc plus d’accès à la mer; très accidenté, il est traversé par l’autoroute, qui y offre à l’ouest un site de péage avec échangeur, et un accès direct à Cap-d’Ail et Monaco par un tunnel d’un kilomètre sous la Cime de la Forna. L’habitat colonise les hauteurs en étoile autour du village, notamment vers le sud jusqu’aux abords de la Tête de Chien, et à l’est au-dessus de Beausoleil. Au nord et à l’ouest, la réserve de la forêt départementale de la Grande Corniche protège les paysages. Un chemin de fer à crémaillère a relié Beausoleil au sanctuaire de Laghet de 1894 à 1932; chapelle du 17e s. et carrière romaine au mont Justicier, au-dessus de Beausoleil.