Moustiers-Sainte-Marie

640 hab. (Moustiérains), 8 797 ha dont 1 797 de bois, chef-lieu de canton des Alpes-de-Haute-Provence dans l’arrondissement de Digne-les-Bains, 45 km au sud de la préfecture à 630 m. Le village, qui se nommait Moustiers tout court avant 1848, est à 5 km au nord de la sortie des gorges du Verdon, dans la dépression monoclinale qui sépare le plateau de Valensole des reliefs calcaires; ceux-ci se marquent par une puissante corniche qui domine à l’est la dépression, dans le prolongement du canyon du Verdon. La commune est bordée au sud par la rive septentrionale du lac de Sainte-Croix, où débouche le Verdon sous le pont du Galetas ou d’Aiguines (13e et 17e s.); un plan d’eau y a été aménagé. Le territoire communal monte à l’ouest sur le plateau de Valensole où il atteint 768 m, à l’est jusqu’au sommet de Montdenier où il s’élève à 1 749 m.

Moustiers est «station verte de vacances», village fleuri (trois fleurs) et fait partie des «plus beaux villages de France». Il fut réputé pour ses faïences, surtout aux 17e et 18e s.; abandonnée au 19e s., l’activité a été relancée à partir de 1927 et a bénéficié de l’attraction des gorges du Verdon; il existe une quinzaine d’ateliers de faïence et deux fois plus de magasins, et un musée. Le ravin qui débouche au village est traversé par une chaîne de 227 m portant une étoile, ex-voto d’un baron du 13e siècle de retour de captivité lors d’une croisade; clocher lombard, restes de remparts et porte. Aux environs, ferme forte de l’Hort au sud-ouest du village, chapelle de Beauvoir (en partie des 9e-10e s.) et château au sud; le hameau de Venascle est à l’est sur le plateau, vers 1 000 m. La société d’économie mixte Dtmv (Développement touristique de Moustiers-Sainte-Marie et du Verdon, 20 sal.) gère les installations d’accueil. La commune a eu jusqu’à 1 800 hab. dans la première moitié du 19e s., est descendue au-dessous de 1 000 hab. en 1900 et n’en avait plus que 440 en 1954. Elle a gagné 70 hab. de 1999 à 2007 et compte 200 résidences secondaires.

Le canton a 1 100 hab., 3 communes, 20 282 ha dont 5 586 de bois. La Palud-sur-Verdon (300 Paluards, 8 126 ha dont 2 788 de bois) occupe tout le sud-est du canton; la mention «sur Verdon» est de 1981. Le village, à 915 m, a un château des 17e-18e s. à tours d’angle, une église du 12e s. Le nom vient d’un petit marécage d’altitude. Son finage atteint au nord le Chiran, à 1 905 m, accessible par une route stratégique qui vient de Majastres; au nord-est il culmine au Mourre de Chaniers (1 930 m) qui domine les ruines de l’ancien village de Châteauneuf-lès-Moustiers, des 11e-13e s.; la commune de Châteauneuf fut absorbée en 1974 et conservait 40 hab. en 1999 après en avoir eu 580 dans les années 1830, tandis que La Palud en avait près de 800. Les deux réunies n’avaient que 150 hab. en 1975; 150 résidences secondaires en 1999.

Le territoire communal est bordé au sud et à l’est par le grand canyon du Verdon; une petite route sinue au-dessus de la corniche et offre sur les gorges quelques-uns des meilleurs points de vue: d’amont en aval le Couloir Sanson et le belvédère de Trescaire avec son chaos; l’Escalet et ses rochers d’escalade; l’Écharme et la Maline; la série de belvédères de la Maline; plus à l’ouest, après un détour par le village pour contourner le ravin de Mainmorte, le belvédère de Mayreste avec les restes du château de Mayreste, puis celui du Galetas, proche des grottes, et l’ancien ermitage de Saint-Maurin.

La dernière commune, Saint-Jurs (150 Saint-Jurois, 3 359 ha dont 1 001 de bois), dont le nom est le même que Saint-Georges, est isolée au nord du canton, à 925 m, et mieux accessible de Riez (15 km) que de Moustiers à laquelle ne la relie qu’une médiocre et difficile route; le finage atteint à l’est le sommet de Montdidier; anciennes carrières de gypse. La commune fut nommée Bellevue en 1792, et a eu jusqu’à 560 hab. (1831), un minimum de 85 autour de 1970.