Trinité (La)

14 200 hab. (Trinitéens), 4 577 ha dont 1 359 cultivés, sous-préfecture de la Martinique, 30 km au NE de Fort-de-France, sur la côte au Vent et au bout de la route N 4; le canton correspond à la commune, dont le nom vient de la réunion de trois quartiers de peuplement. La forme de la commune est rendue originale par le déploiement de la presqu’île de la Caravelle, longue, étroite et contournée; cet appendice est surtout formé par des calcaires coralliens et atteint 189 m au morne Pavillon. Par ses côtes et ses paysages, la Caravelle est devenue un haut lieu touristique de la Martinique au milieu de la côte au Vent.

La presqu’île compte deux urbanisations sur le rivage septentrional, Beauséjour près du bourg, Tartane plus loin, tandis que la côte sud est vide. Plusieurs plages, de nombreux sites de sports de glisse et de voile, une réserve naturelle de 422 ha rattachée au Parc régional, une distillerie familiale à Hardy, une base de plein air et de loisir du Parc régional sur l’anse Spoutourne (près de Tartane) s’offrent au visiteur. Quelques légendes flottent autour de la pointe du Diable à l’extrémité nord, ou de l’îlot et de la baie du Trésor et des ruines du château Dubuc, une ancienne habitation sucrière qui appartint à une grande famille locale, près du cap côté sud, où l’on visite un petit musée.

Le bourg se tient au creux d’une anse profonde, à la racine nord de la presqu’île. Il a un centre hospitalier, deux collèges et deux lycées, un centre d’apprentissage des métiers du tertiaire, une maison de la culture, un bon équipement hôtelier et de nombreux commerces dont deux supermarchés Match (30 sal.) et Leader Price (30 sal.) et un magasin de bricolage (Bâtir, 40 sal.); autocars CTCN (20 sal.), nettoyage Net Éclair (55 sal.); conserverie d’ananas; Maison de la coiffe et du costume créoles, village de vacances, deux sentiers de découverte; un temple hindou.

La population croît lentement et s’est élevée de 1 100 hab. entre 1999 et 2009. Le maire est depuis 1989 Louis-Joseph Manscour, socialiste, député. La commune s’étend sur environ 7 km de large et 4 de profondeur vers l’ouest aux environs de Gros-Morne; cultures de canne à sucre, quelques hameaux proches du bourg comme Morne Poirier au nord-ouest et Brin d’Amour à l’ouest, ou plus éloignés comme Maximin à l’extrême ouest, Desforts au sud. La rivière du Galion traverse toute la commune du NO au SE. Au sud-est, grande anse, plage et petite station balnéaire du Galion, au fond de l’ample baie du Galion, que limitent au nord la Caravelle et au sud la presqu’île de la pointe Jean-Claude précédant les promontoires du Robert.

Le finage de La Trinité compte dans l’agriculture martiniquaise: il est le troisième pour la canne (604 ha) et le sixième pour la banane (500 ha), pour un équivalent de 500 emplois. La sucrerie du Galion, qui fonctionne depuis 1865, reste la seule de l’île; elle a aussi une distillerie, et une habitation remontant au 17e siècle, dont le jardin est classé; la société (SAEMPSRM, Société anonyme mixte de production sucrière et rhumière) emploie 70 personnes; plantations de bananes dont tout à l’ouest la Richard (65 sal.), cultures fruitières et maraîchères à l’habitation Ressource (40 sal.) à Bassignac au centre de la commune. Au Galion fonctionne une centrale thermique à turbine d’EDF (40 MW).

L’arrondissement de la Trinité compte 10 communes et 11 cantons de la côte orientale et septentrionale de l’île, encore assez agricoles et peu touristiques, et de population plutôt stagnante, sauf du côté du chef-lieu et vers le sud, dont les productions sont plus variées et qui sont plus proches de la capitale. Il a été le premier créé, en 1965, s’étend sur 33 800 ha et compte 85 500 habitants. Ses communes, associées à celles de l’arrondissement de Saint-Pierre, forment la communauté de communes du Nord-Martinique (18 communes, 110 500 hab., 54 800 ha).