Château-Thierry

13 400 hab. (Castelthéodoriciens) dont 540 à part, 1 655 ha dont 248 de bois, sous-préfecture de l'Aisne, 40 km au sud de Soissons dans la vallée de la Marne. Le peuplement primitif fut sur un oppidum dominant la plaine de la Marne, sur le versant droit exposé au sud; il était nommé Otmus, d'où vient le nom de l'Omois qui désigne l'aire d'attraction de la ville. Ce site a fixé ensuite un château attribué par Charles Martel à son fils Thierry, d'où le nom de la ville. Elle se développa comme ville forte, devenue royale en 1285; il reste de la citadelle médiévale une large enceinte rehaussée de tours et entourant un parc; à l'est, la porte Saint-Jean a les dimensions d'un châtelet. Le centre-ville actuel est au-dessous du «château»; un peu au sud plus près de la Marne, la tour de Balhan est issue d'autres fortifications et tient lieu de beffroi du haut de ses 35 m. La maison natale de Jean de la Fontaine (1621-1695), à l'ouest de la citadelle, est devenue un musée.

Château-Thierry a un centre hospitalier (210 lits) et une clinique (25 sal., 35 lits), deux collèges et deux lycées publics, un collège et un lycée privés, une maison de retraite (Orpea, 50 sal.). C'est une ville active, qui tire parti de sa distance modérée à Paris, de la circulation dans la vallée (N 3 et voie ferrée Paris-Strasbourg, échangeur de l'A 4 à 5 km au nord de la ville) et même de l'extension du vignoble champenois: elle est le siège de la Coopérative de la vallée de la Marne, qui rassemble 340 coopérateurs (640 ha de vignes) et vend annuellement plus de 2 millions de bouteilles de champagne sous les marques Pannier et Jacquart. La commune, toutefois, ne compte que 32 ha de vignes (6 récoltants).

Elle est aussi une cité d'industrie: pharmacie Novacel (produits ophtalmiques, 320 sal.), matériel de laiterie Westfalia (270 sal. en trois unités), biscuiterie LU (Danone, ex-Belin, 150 sal.), plasturgie Cifra (Calandrage industriel français, 75 sal.) et Le Moulage automatique (LMA, emballages plastiques, 160 sal., groupe Qualipac), papeterie Greenfield (pâte à papier et cartons, 95 sal., groupe Cascades); constructions métalliques Meiser (25 sal.), lignes électriques GTIE (45 sal.).

Dans le secteur tertiaire, hypermarchés Leclerc (270 sal.) et Carrefour (200 sal.), magasins Intermarché (40 sal.), Bricorama (35 sal.), Conforama (25 sal.); négoces de matériel agricole GEA Farm (Westfalia, 65 sal.), de fournitures industrielles Siffrap (35 sal.); travail temporaire Adia (150 sal.), Supplay (115 sal.), Manpower (100 sal.) et Adecco (70 sal.), ambulances Favier (65 sal.), transport de voyageurs des Cars de Château-Thierry (40 sal.), transports FM Logistic (280 sal.), travaux publics Screg (110 sal.).

Un aérodrome (code LFFH) a été aménagé sur le plateau au NO de la ville, avec une piste gazonnée de 950 m et un aéroclub; il est bordé au nord par l'A 4, au sud pat la nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse Paris-Strasbourg. La population de la commune a été de 7 000 à 8 000 hab. entre 1850 et 1914; elle est montée ensuite progressivement, passant par 10 000 en 1962, excédant 15 000 (sdc) pour la première fois en 1990 avant de se tasser un peu; elle a perdu 2 300 hab. de 1999 à 2008, soit 15% de ses habitants. Le maire est Jacques Krabal, également conseiller général, radical de gauche dont la liste avait devancé celle du Parti socialiste. La communauté de communes de la région de Château-Thierry siège dans la ville et rassemble 24 communes (30 600 hab.). L’unité urbaine Insee est donnée pour 23 600 hab., l’aire urbaine pour 33 400. L’arrondissement a 72 100 hab. (68 600 en 1999), 5 cantons, 123 communes, 119 320 ha.

Le canton a 29 100 hab. (28 500 en 1999), 21 communes, 20 918 ha; il s’étend largement au nord de la Marne, et seulement en coin au sud. Cinq communes complètent l’agglomération de Château-Thierry: Essômes-sur-Marne en aval, la seule à dépasser 2 000 hab.; Brasles (1 310 hab., 745 ha) en amont; Chierry (1 100 Cerisiens, 282 ha dont 12 de vignes), Étampes-sur-Marne (1 240 Étampois, 224 ha dont 17 de vignes) et Nogentel (1 070 Nogentellois, 693 ha dont 18 de vignes) sur la rive gauche. Chierry est la plus industrielle, avec une fabrique d'aliments pour animaux de compagnie Inzo (240 sal.), une fabrique de vitrocéramiques du groupe Saint-Gobain (Eurokera, 280 sal.), une verrerie Sovis du même groupe (verres optiques, 60 sal.), une autre de produits vétérinaires (Noé, 70 sal.), les viandes Villette (45 sal.), les constructions Brochet (20 sal.) et un centre d’aide par le travail. Brasles a des entreprises de matériaux et bâtiment (dont Big Mat, 80 sal. et Gedimat, 50 sal.), et 46 ha de vignes (17 exploitants); installations électriques Bardon (25 sal.), maçonnerie Ganfornina (40 sal.). Ces quatre communes ont surtout progressé dans les années 1960, leur nombre d’habitants se maintenant depuis, sans augmentations très sensibles. Étampes, qui a perdu la base logistique Carrefour Logidis (250 sal. en 2005), a même baissé de 90 hab. entre 1999 et 2008. Nogentel a une cave coopérative.

Dans la vallée de la Marne, Gland (480 Glamois, 565 ha dont 250 de bois) est à 6 km à l'est de la ville, au-delà de Brasmes, au pied du versant de rive droite de la Marne, exposé au sud, et a 106 ha de vignes et 24 vignerons, une coopérative. Mont-Saint-Père (690 Montépierrins, 1 069 ha dont 535 de bois) est 4 km plus en amont, face au confluent du Surmelin; 128 ha de vignes, 14 exploitants. En aval, Azy-sur-Marne (380 Azyciens, 278 ha) est sur la rive droite de la rivière, 7 km au SO de la ville, face à Chézy-sur-Marne au pied d'un éperon du plateau; elle contient 79 ha de vignes (19 vignerons), avec une coopérative; église classée du 12e s., installations électriques Delabarre (20 sal.). Le nom était simplement Azy de 1898 à 1939, Azy-Bonneil auparavant. Bonneil (420 Bonneillois, 211 ha) est sa voisine juste en aal, mais plus éloignée de la Marne, au pied d'un amphithéâtre de méandre au sommet duquel se perche le hameau du Mont de Bonneil; église classée du 12e s., 68 ha de vignes et 35 exploitants, une coopérative; la commune a gagné 40 hab. après 1999.

Sur la rive gauche, Fossoy (610 Fossoyens, 718 ha) est le village le plus en amont, 8 km à l'est de Château-Thierry; église romane classée du 12e s. à clocher carré; 55 ha de vignes (21 vignerons). Blesmes (390 hab., 970 ha dont 250 de bois) est entre Fossoy et Chierry; transports Husson (30 sal.), 15 ha de vignes et un seul récoltant, château et ferme du Recq au SE sur le plateau. Nesles-la-Montagne (1 200 Neslois, 1 721 ha) se tient dans un renfoncement du coteau méridional de la Marne, 4 km au sud de Château-Thierry au bord de la D 1 et son finage s'étend largement sur le plateau, où se dispersent de grosses fermes; église classée du 12e s., 38 ha de vignes (4 récoltants), sa population s'est accrue de 110 hab. de 1999 à 2008.

Au nord du canton, Belleau (130 hab., 672 ha dont 213 de bois), à 10 km NO de Château-Thierry, fut entièrement détruit en 1914-1918; un cimetière américain y est entretenu. Épaux-Bézu (580 Palusiens, 1 950 ha dont 275 de bois), 11 km NNO de Château-Thierry dans un site agréable, se signale par une église romane classée du 12e s. à beau portail, les transports FM Logistic (190 sal.), un entreposage Willima Saurin (60 sal.), les travaux publics et carrières RVM (45 sal.) et une ferme de spécialités. La commune est issue d'une fusion de 1851 par laquelle Épaux a absorbé Bézu-les-Féves; son finage comprend à l'ouest le hameau de Buire au creux du vallon d'Épaux, et plusieurs fermes de plateau. Étrépilly (90 hab., 513 ha) à 7 km NO de Château-Thierry, Bézu-Saint-Germain (700 Bézuacois, 1 113 ha dont 217 de bois) à 7 km NNE encadrent le finage d'Épaux; cette dernière a gagné 210 hab. (+43%) de 1999 à 2008.

Au nord-est, à 10 km de Château-Thierry, à la tête de la petite vallée de l'Ordrimouille qui coule vers le nord en direction de l'Ourcq, Épieds (390 Spicariens, 1 866 ha dont 581 de bois) a une église classée du 12e s. et le château de Moucheton (16e au 19e s.); son finage est traversé par l'A 4 et la LGV, qui séparent du village le hameau de Trugny au sud. La commune a eu près de 500 hab. au milieu du 19e s., 175 seulement en 1975, et croît depuis; elle a gagné 50 hab. après 1999. La forêt de Verdilly occupe une large part du plateau au NE de Château-Thierry, mais la commune de Verdilly (450 Verdillats, 510 ha dont 200 de bois), 4 km NE de la ville, n’en a qu’une fraction; elle abrite un centre de formation agricole.